Bruxelles, 17/02/2011 (Agence Europe) - Les libéraux et démocrates européens ne veulent pas de l'octroi du statut d'économie de marché à une Chine verrouillée par l'État et son parti communiste.
« La reconnaissance du statut d'économie de marché à la Chine n'est pas à l'ordre du jour ! », titre un communiqué du groupe des démocrates et libéraux (ADLE) au Parlement européen, publié en réaction à l'engagement pris par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, au sommet UE/Chine du 14 février, d'ouvrir des discussions avec Beijing sur la question. « Une fois encore, l'UE oublie tous ses principes face à la Chine. Alors qu'on assiste à un formidable regain de répression politique à Beijing, les dirigeants européens n'ont pas un mot de compassion pour des centaines de dissidents brutalisés et emprisonnés. La Chine est un marché, une formidable économie, mais elle n'est pas pour autant une économie de marché. La Chine est un système économique verrouillé par l'État et cadenassé par le parti communiste », s'insurge l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt. Une annonce d'autant plus « incompréhensible », aux yeux du président du groupe ADLE, que la Chine « s'obstine à empêcher toute action de la communauté internationale en Syrie comme en Iran ». « La politique commerciale de l'UE ne peut être totalement déconnectée de ses impératifs diplomatiques et de ses intérêts économiques. La Chine ne pourra obtenir le statut d'économie de marché que lorsque les investissements européens seront sécurisés et la réciprocité de l'ouverture des marchés garantie », renchérit la Française Marielle De Sarnez. Dénonçant l'objectif poursuivi - une sollicitation de la contribution de la Chine au futur mécanisme européen de stabilité financière (MES), le Bulgare Metin Kazak juge « nullement raisonnable d'intégrer un pays tiers à la monnaie délibérément manipulée dans la gestion de la dette souveraine européenne ». M. Kazak avertit en outre que la reconnaissance juridique par l'UE du statut d'économie de marché à la Chine affaiblirait sa défense commerciale, les Vingt-sept ne pouvant plus, par la suite, engager ni maintenir leurs procédures antidumping. (EH)