Bruxelles, 17/02/2012 (Agence Europe) - Plusieurs États membres ne souhaitent pas imposer des quotas de participation féminine dans les conseils d'entreprises, mais tous reconnaissent pourtant la nécessité d'agir en la matière. Nombreuses sont les études qui, en effet, confirment le lien entre présence féminine dans les entreprises et performances économique. Le Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs de vendredi 17 février a procédé à un débat d'orientation sur le sujet, à l'issue duquel Viviane Reding, la commissaire européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, a estimé qu'un changement de mentalité s'était opéré au cours de l'année passée, mais que davantage devait être fait au niveau des États membres. Elle a pris note des différentes mesures prises dans les États membres ou des problèmes qu'ils ont relevé afin d'alimenter un rapport faisant le point sur la question qui paraîtra en mars.
Le quota ne séduit pas. Lors du tour de table, une majorité d'États s'est prononcée en faveur de l'autorégulation pour améliorer la présence des femmes dans les conseils d'entreprises (plus particulièrement celles cotées en bourse, ou les entreprises d'État). Si beaucoup préconisent une base volontaire, et à ce stade ont privilégié des recommandations à l'intention de leurs entreprises (Pologne, Suède, Grèce, Autriche, Bulgarie, Irlande, Royaume Uni, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Espagne, Pays-Bas, Malte, Chypre, République tchèque), certains n'excluent pas d'en venir à des mesures législatives si les résultats ne suivent pas, la question demeure en suspens dans leur politique intérieure (Allemagne, Finlande, Lituanie, Danemark).
Seules l'Italie, la Belgique et la France se prononcent en faveur du système des quotas, et soutiendraient une initiative européenne en la matière. Ces deux derniers pays ayant par ailleurs déjà introduit de tels quotas, et l'Italie s'apprêtant à le faire. Nombreux sont les pays qui citent les stéréotypes et la difficulté de concilier vie professionnelle et vie familiale comme les obstacles principaux à une présence des femmes plus visible dans les postes clés dans les entreprises, mais la plupart ont adopté des mesures pour tenter de corriger cela: congé de paternité, gardiennage d'enfant et autres incitants.
Reding prend note, mais souhaite plus. À l'issue du débat, Viviane Reding a admis que les résultats n'étaient toujours pas ceux escomptés. Elle regrette, par exemple, que seules 23 grandes entreprises européennes cotées en bourse aient répondu à son appel, lancé en mars dernier, pour s'engager à augmenter de 40% le nombre de femmes dans leurs conseils d'administration d'ici 2020. Cependant, elle note que la mentalité a changé ! « Il y a un an, les compagnies disaient que cela ne les intéressaient pas ou qu'elles ne trouvaient pas de femmes qualifiées ». Elle espère toujours que d'autres entreprises boursières s'engageront dans les 12 jours à venir, le délai pour relever le défi étant le mois de mars. Elle se réjouit également d'avoir entendu les pratiques propres aux États membres en la matière, qui viendront étayer un rapport à paraître en mars. Si les résultats présentés dans ce rapport démontrent que la méthode de l'autorégulation n'a pas été efficace, il se peut que des mesures au niveau européen en découlent. Dans ce cas, la question du quota de femmes dans les conseils d'administration reviendra très certainement sur le devant de la scène. (MD)