Bruxelles, 17/02/2012 (Agence Europe)- Le gouvernement hongrois a, comme convenu, envoyé vendredi 17 février ses réponses à la Commission, dans le « délai imparti », indique un communiqué de la représentation permanente de la Hongrie. Le 17 janvier, la Commission avait ouvert une procédure d'infraction à l'encontre de Budapest au sujet de ses réformes sur la banque centrale, l'autorité de protection des données et l'âge de la retraite des juges et lui avait donné un mois pour répondre. Bruxelles avait aussi demandé en parallèle des explications plus générales sur l'indépendance de la justice et la situation des médias. Budapest a répondu à l'intégralité des demandes, poursuit le communiqué.
La Commission a confirmé avoir reçu ces réponses et va maintenant s'atteler à leur analyse « en urgence ». À Budapest, selon l'agence Reuters, le vice-Premier ministre Tibor Navracsics, a dit en tout cas déjà s'attendre à quelques discussions au sujet de la loi sur la banque centrale, Budapest ayant refusé de répondre positivement à la demande de la Commission sur les questions du plafonnement du salaire du gouverneur ou de la prestation de serment des membres de l'institution. « On espère que la Commission sera ouverte au compromis », a expliqué M. Navracsics.
Ces discussions sur les réformes de la banque centrale hongroise sont en tout cas une des conditions posées par le commissaire Olli Rehn à l'octroi de prêts de l'UE et du FMI à Budapest, la Commission voulant s'assurer de la totale indépendance de la banque. Le gouvernement Orban mise sur un début des discussions relatives à ce prêt pour le mois de mars mais ce délai, toujours selon Reuters, pourrait être rallongé par l'analyse légale que va maintenant entamer la Commission sur les amendements proposés par Budapest.
La semaine dernière, l'un des auteurs de la nouvelle Constitution hongroise, le député PPE Josef Szajer, avait en tout cas déjà indiqué que le gouvernement hongrois avait accepté de revenir sur sa loi permettant à un représentant du gouvernement d'assister aux réunions du comité de la banque centrale.
Sur les autres dossiers, comme sur l'autorité de protection des données, le Premier ministre n'aura plus non plus la possibilité de demander la révocation du superviseur, avait dit M. Szajer. Et sur l'âge de départ à la retraite des juges, porté à 62 ans dans les nouvelles réformes contre 70 aujourd'hui, la loi sera adoucie en prévoyant des exceptions à cette règle quand certains demanderont à poursuivre leur activité au delà de cette limite, une option possible au cas par cas et pas systématique cependant. (SP)