Bruxelles, 17/02/2012 (Agence Europe) - L'Algérie serait soumise à forte pression par les Européens « pour la révision de la nature des contrats d'exportation des hydrocarbures », affirme son ministre de l'Énergie et des Mines, Youcef Yousfi, dont les propos sont rapportés par les médias locaux se référant en particulier à une interview accordée à la chaîne internationale de la radio.
Le contexte général est la signature prochaine d'un accord stratégique sur l'énergie qui serait signé lors d'une visite non encore officiellement annoncée du commissaire européen à l'Énergie. Interrogé à ce sujet, en présence du ministre espagnol des Affaires étrangères en visite à Alger, Mourad Medelci, chef de la diplomatie algérienne, a confirmé cette intention et assuré que cet accord prendra la forme d'un mémorandum qui « est finalisé » et sera paraphé « le moment venu » avec pour objectif de « jeter les bases et les principes d'une coopération à moyen terme avec l'ensemble des pays européens », sans davantage de détails.
Sur les pressions pour des « contrats d'exportation de gaz que les Européens voudraient de courte durée », M. Yousfi s'est montré ferme: « Nous ne pouvons investir des sommes colossales si nous ne sommes pas certains de la durabilité d'un marché sur une période de 20 à 30 années ». L'intention ne serait cependant pas de « fermer complètement la porte » à « de petites sociétés basées en Europe travaillent sur la base de contrats de courte durée et vendant de petites quantités d'hydrocarbures ». Pour le ministre, selon les propos rapportés par la presse algérienne, « les pays européens devront se résigner aux contrats de longue durée » pour les exportations de volumes plus importants. Il estime que « le marché mondial a besoin de 40 millions de baril/jour pour les dix prochaines années, à la fois pour compenser la baisse de production des champs existants et pour couvrir les besoins à avenir ». Pour élargir ses capacités, le pays pourrait recourir aux partenariats étrangers. La société nationale SONATRACH sera le vis-à-vis des opérateurs non algériens: « l'État encourage toujours le partenariat (avec) les compagnies spécialisées dans les hydrocarbures et possédant la technologie dans le cadre de l'exploration », mais toujours dans les limites de la réglementation algérienne: « Ce partenariat se fera toujours dans le strict respect de la règle du 51/49 fixé par la loi ».
Le ministre a évoqué également les pourparlers en cours avec l'Italie pour un gazoduc à 2.000 mètres sous la mer: « Les deux parties ont convenu d'un délai de quelques mois pour prendre une décision ».
Le champ de la coopération est également ouvert dans les énergies renouvelables. Dans ses projets, la « réalisation en 2011 à Hassi R'mel d'une station de 150 mégawatts, dont 30 provenant de l'énergie solaire, la construction d'une nouvelle station destinée aux études à Ghardaïa, un projet de production de l'électricité à partir de l'énergie éolienne à Adrar et le lancement prochain du projet de plaques solaires à Rouiba ». Sur les possibilités de coopération avec l'Europe: « Nous sommes prêts à engager des partenariats, que ce soit dans le cadre ou hors de Desertec, à condition que les équipements soient fabriqués en Algérie ». Il y a aussi, selon le ministre, « de grandes potentialités algériennes en schiste ». (FB)