Bruxelles, 02/02/2012 (Agence Europe) - Parvenir à ce que Natura 2000, le réseau paneuropéen d'habitats naturels protégés assure d'ici à 2016 une protection efficace à la faune et à flore des sites naturels, c'est possible si tous les pays européens prennent exemple sur les premiers de classe en la matière. C'est ce que démontre une étude publiée le 2 février par le BEE (Bureau européen de l'Environnement), à l'occasion du vingtième anniversaire de la directive 92/43/CEE, dite directive Habitats. « Un grande nombre de sites protégés au titre de Natura 2000 ne sont pas protégés du tout. Bien que des progrès aient été effectués dans quelques pays, la plupart des pays n'ont pas commencé à assurer sérieusement la gestion et la protection des zones », résume Sarolta Tripolszky, expert en biodiversité du BEE.
Aux termes de cette étude, la Suède et la France font figure de champions car ces deux États membres ont fait la preuve qu'assurer une protection de qualité dans les délais prescrits est possible. La Suède a en effet élaboré des plans de gestion pour plus de 95% de ses sites Natura 2000. La France quant à elle, n'a achevé de plans que pour la moitié de ses sites, mais ces plans de gestion font l'objet d'une large consultation avec les propriétaires de sites et d'autres acteurs, ce qui permet un bon financement et une bonne surveillance, souligne l'étude. Parmi les nouveaux États membres, la Pologne devrait rapidement bien se positionner puisqu'elle a présenté un calendrier pour l'élaboration des plans requis pour la moitié de ses sites d'ici à 2013.
Parmi les mauvais élèves, figurent l'Irlande, la Grèce, le Portugal et l'Espagne qui auraient dû avoir assuré la protection de leurs sites inscrits dans le réseau avant 2000 mais n'ont pas réussi à élaborer des plans de gestion pour plus de 5 à 15% de leurs sites.
De l'avis de Jeremy Wates, secrétaire général du BEE, « investir dans Natura 2000 et la biodiversité peut contribuer significativement à la création d'emploi, à la croissance et à la réalisation des objectifs de l'UE en matière de climat et de biodiversité, toutefois, cela ne sera possible sans contribution efficace du budget de l'UE à l'élaboration des plans de gestions et à la mise en œuvre de ces plans ». Raison pour laquelle le BEE demande de multiplier par cinq le budget de LIFE, l'instrument financier pour l'environnement qui ne représente actuellement que 0,2% du budget de l'UE. Le BEE demande aussi que la politique agricole commune, le cadre financier pluriannuel et les fonds régionaux apportent leur juste contribution à la mise en œuvre de Natura 2000. (AN)