Bruxelles, 02/02/2012 (Agence Europe) - S'exprimant sur le mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE), le commissaire européen en charge du transport s'est montré très pessimiste quant aux menaces qui planent sur le nouvel instrument politique, proposé par la Commission l'automne dernier, dans le cadre des négociations actuelles sur le budget de l'Union et la politique de cohésion. Le MIE prévoit 21,7 milliards d'euros pour financer des projets transfrontaliers d'infrastructures de transport. Somme à laquelle s'ajouteraient 10 milliards d'euros issus du Fonds de cohésion afin d'assurer que les pays éligibles bénéficient bel et bien de connexion, notamment entre l'est et l'ouest. Participant à une conférence organisée jeudi 2 février par le think tank European Policy Centre (EPC), le commissaire Siim Kallas s'est dit surpris que les critiques émanent des pays de la cohésion eux-mêmes. « Cette ligne séparée du budget a été établie pour leur bénéfice: pour les aider à surmonter les difficultés à établir des projets ferroviaires transfrontaliers complexes et (…) financer ces projets importants avec le même haut taux de cofinancements ». Le Commissaire, en plus d'essuyer le désaveu des pays de la cohésion, se dit très concerné par la tournure des négociations sur le MIE dans le cadre de l'adoption du cadre financier pluriannuel alors que les États membres sont tenus de réduire leurs dépenses. Il dit comprendre dans ce contexte le souhait symbolique d'abandonner les 10 milliards, mais il estime que ce n'est pas cela qui aidera à surmonter des déficits budgétaires. Par ailleurs l'Association des producteurs automobiles européens (ACEA) critique aussi vivement l'absence de la route dans les projets présélectionnés pour le MIE. L'association estime que la proposition exclut le transport routier, qui a pourtant aussi besoin de fonds, en totale contradiction avec la révision proposée pour le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) qui prévoit le développement de tous les modes de transport, assure l'ACEA. Le commissaire a justifié ce point en expliquant que la première priorité était de financer des modes qui sont plus à même de réduire la congestion, comme le rail. Il a également ajouté que les infrastructures routières pouvaient être financées par d'autres biais dont les États membres ou même les fonds structurels. (MD)