Bruxelles, 27/01/2012 (Agence Europe) - La commission du commerce international du Parlement européen a donné son feu vert à l'accord de libéralisation réciproque des échanges de produits agricoles entre l'UE et le Maroc, signé en décembre 2010. Le rapporteur José Bové (Verts/ALE) a voté contre.
Les membres de la commission du commerce international du Parlement ont approuvé à 21 voix pour, 7 contre et une abstention, le 26 janvier, le projet d'accord de libre-échange pour les produits agricoles et de la pêche entre l'UE et le Maroc, ne suivant pas leur rapporteur, l'écologiste français José Bové, en faveur du refus de l'assemblée à la ratification de l'accord. M. Bové a expliqué qu'en tant que tel, l'accord placerait les agriculteurs européens dans une situation de concurrence plus difficile, qu'il entraverait le développement d'une agriculture équilibrée au Maroc et ne garantirait aucunement que le Maroc ne recourra pas au travail des enfants ou permettra à ses agriculteurs de rejoindre des syndicats. Le député français a également pointé du doigt des contrôles inadéquats sur les quantités de biens importés, les faibles prix d'entrée pour les produits marocains, et l'inclusion du Sahara occidental dans l'accord proposé.
L'accord UE/Maroc prévoit la libéralisation sans délai des échanges commerciaux pour 45% des exportations de l'UE - une part qui s'élèvera à 70% après une période de transition de 10 ans - et 55% des importations en provenance du Maroc. Il prévoit aussi un système de prix d'entrée et de contingents tarifaires pour les produits européens sensibles (en particulier les tomates), et des mesures de sauvegarde à appliquer si les importations marocaines perturbent fortement le marché européen. Les aliments en conserve, la plupart des fruits et légumes (haricots, amandes et pommes exceptés), les céréales (blé tendre et blé dur exceptés) et la plupart des produits laitiers (lait UHT et poudre de lait entier exceptés) issus de l'UE seraient totalement libéralisés d'ici 10 ans. Les contingents tarifaires pour les produits non libéralisés (la viande, les salaisons, le blé tendre ou l'huile d'olive) feraient également l'objet d'une augmentation. Les importations de la plupart des produits marocains sensibles sur le marché européen (les tomates, l'ail, les concombres, les courgettes, les clémentines et les fraises) ne seraient pas complètement libéralisées, mais les contingents tarifaires seraient augmentés alors que le système de prix d'entrée serait maintenu.
L'accord sera soumis aux voix de l'assemblée plénière à la mi-février à Strasbourg. (EH)