Bruxelles, 27/01/2012 (Agence Europe) - 82 milliards sont encore disponibles via les fonds structurels européens jusque fin 2013 et chaque euro devrait servir à la relance de la croissance. La Commission entend que cette manne soit utilisée de manière optimale ; de nombreux outils ont été mis en place dernièrement à cet effet: du relèvement des taux de cofinancement à de l'assistance technique, ou encore des reprogrammations (comme cela a été fait en Italie, EUROPE n°10536). L'optimisation des fonds structurels comme élément pour stimuler la croissance et l'emploi fera partie des discussions des chefs d'État européens lors de leur réunion en Conseil informel le 30 janvier.
Record de paiements en 2011. La Commission a fait ses comptes au 31 décembre, et les versements effectués en 2011 dans le cadre de la politique de cohésion constituent un record: des factures ont été réglées pour un montant de 32,9 milliards l'année passée. Une tendance qui démontrerait l'atout des fonds structurels pour relancer la croissance dans le chef des gouvernements européens, suggère la Commission. Pour Johannes Hahn, le commissaire européen à la politique régionale: « Les chiffres de 2011 montrent que nous sommes sur la bonne voie et que la mise en œuvre de la politique de financement s'est accélérée au cours de l'année. Les fonds structurels garantissent la continuité des investissements en ces temps difficiles. Il est extrêmement important que les États membres et les régions profitent de ces possibilités de financement ».
82 milliards jusqu'en 2013. Et justement 82 milliards doivent encore être engagés dans les deux années à venir, dont 60 milliards via le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds social européen (FSE). Est-ce une bonne nouvelle en période d'austérité, et est-ce cohérent avec les autres politiques européennes ? Oui et non car si l'argent européen peut contribuer à la relance de la croissance, il y a toujours une contrepartie qui doit sortir de la poche des États membres, à l'heure même où la Commission incite à des restrictions budgétaires. Ces milliards sont bel et bien budgétisés mais pas encore programmés dans des projets particuliers. Afin que ces montants soient complètement absorbés endéans la période de programmation, et qu'ils soient particulièrement mis au service de la croissance et de l'emploi, la Commission a doté la politique de cohésion de toute une série d'instruments pour répondre au mieux aux besoins actuels, éviter les procédures compliquées, et surtout permettre aux États membres de jouir des fonds en diminuant leur contrepartie financière.
Instruments pour l'absorption. C'est le cas en particulier pour la Grèce, la Roumanie, le Portugal et la Lettonie qui ne devront plus que contribuer à hauteur de 5%, au lieu de 15% (l'Irlande 40% au lieu de 50%) dans les projets financés par les fonds structurels européens. Cela ne veut pas dire que ces pays recevront plus d'argent, mais leur contrepartie ayant diminué, ils seront plus vite en mesure de rassembler les budgets nécessaires. Par conséquent les fonds européens seront aussi débloqués plus vite, assurant la mise en place concrète de projets utiles à la cohésion européenne. Par ailleurs, depuis juin 2010, la Commission doit donner son aval à des projets de plus de 50 millions d'euros, et plus de 25 millions auparavant, ce qui accélère aussi le lancement de projets. De plus, la Commission prévoit un système d'avance à hauteur de 11,25 milliards pour contribuer à la liquidité des autorités nationales ou régionales. La Roumanie et la Bulgarie bénéficieront aussi d'assistance technique de la part d'experts européens pour la gestion de projets et la réduction de la bureaucratie. La Grèce a également vu ses fonds reprogrammés, via une liste de 180 projets prioritaires, et la réorientation de 500 millions de ses fonds européens pour soutenir l'emploi dans les PME.
Soutien à l'emploi chez les jeunes. L'emploi est de manière générale au centre de la stratégie pour une utilisation optimisée des fonds. 4,3 millions issus du FSE sont particulièrement dédiés aux jeunes via une assistance technique aux États membres pour mettre en place des programmes pour soutenir les stages professionnels et l'entrepreneuriat.
Au menu du Conseil informel. Le chômage croissant chez les jeunes est un motif d'inquiétude au sein des institutions, à l'instar du ralentissement de la croissance. Ces sujets seront au menu du Conseil européen informel du lundi 30 janvier, et l'option des fonds structurels pour y remédier y sera abordée (voir autre papier). Dans ses remarques précédant la réunion, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rappelé que « nous avons proposé beaucoup d'idées pour stimuler la croissance dans le court terme, par exemple en utilisant les fonds européens de manière plus efficace pour faciliter la crise du crédit chez les PME. Je vais proposer aux États membres de redéployer les fonds structurels pour d'autant plus relancer la croissance et la création d'emplois ». (MD)