Bruxelles, 27/01/2012 (Agence Europe) - Le Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO) et le Luxembourg ont signé jeudi 26 janvier, en marge de la réunion informelle des ministres de l'Intérieur à Copenhague, un accord de soutien technique aux autorités luxembourgeoises chargées des demandes d'asile, a indiqué l'EASO dans un communiqué.
Le Luxembourg s'attend en effet à une hausse du nombre des demandes et a demandé au Bureau d'appui de l'aider à préparer son staff. Le Luxembourg, explique une source, fait partie des pays ayant récemment connu une hausse importante du nombre de demandes d'asile, en raison d'une part du régime de libéralisation des visas pour les pays des Balkans, une évolution notée par la Belgique également, mais aussi en raison de la situation grecque, qui a obligé les autres États membres à suspendre leurs transferts de demandeurs d'asile vers ce pays, pourtant compétent en vertu du règlement de Dublin. En 2011, dit l'EASO, le Luxembourg a presque connu un triplement du nombre de demandeurs par rapport à 2010, mettant sous tension le système de ce petit pays qui arrive même aujourd'hui « à la limite de ses capacités » (entre janvier et octobre 2011, le Luxembourg avait reçu 1750 demandes d'asile dont 1300 de la part des pays des Balkans, selon une lettre du ministère luxembourgeois adressé à la Commission, NDLR). Le Luxembourg ayant embauché du personnel supplémentaire, une équipe de l'EASO viendra donc à partir de la semaine prochaine sur le terrain pour les former et les aider à réduire l'arriéré dans les demandes, poursuit le Bureau. Le Luxembourg, comme la Belgique, fait partie des pays qui ont vu le nombre de demandes d'asile augmenter dans la foulée des régimes de libéralisation des visas accordés à plusieurs pays des Balkans, comme la Serbie ou la Bosnie-Herzégovine. Soupçonnant des abus dans ces demandes, la Belgique avait ainsi soutenu en 2011 la demande initiale de la France et des Pays-Bas de pouvoir suspendre ces accords de libéralisation des visas pour des pays dont les ressortissants déposeraient des demandes d'asile jugées infondées. Cette demande a ensuite été concrétisée en mai dans une proposition de la Commission mettant en place une clause de sauvegarde à activer en cas de hausse soudaine des demandes d'asile, qui doit encore être validée par le Parlement européen. (SP)