Bruxelles, 16/12/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture se sont montrés divisés, jeudi 15 décembre, sur le volet développement rural des propositions sur la réforme de la politique agricole commune (PAC). Certains pays ont plus insisté sur le besoins de mesures pour renforcer l'innovation et la compétitivité, tandis que d'autres privilégient les actions visant à récompenser les biens publics et préserver l'environnement. Plusieurs pays, comme l'Allemagne, la France, le Luxembourg ou la Finlande ont contesté l'approche de la Commission sur la délimitation proposée des zones favorisées.
De nombreux pays ont critiqué aussi la complexité des adaptations que la Commission européenne suggère d'apporter au deuxième pilier (développement rural) de la PAC. Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, a estimé que le système proposé n'est pas rigide. Hongrie, Espagne, République tchèque, Portugal, Allemagne, Finlande, Roumanie, Bulgarie, Malte, Slovaquie, Luxembourg, Italie, Pays-Bas, Grèce et Irlande ont épinglé l'intégration de cette politique dans un cadre stratégique commun avec les autres fonds structurels de l'Union ou encore la prise en compte des 'performances' des États membres dans la ventilation annuelle des crédits.
Les ministres belge, espagnol, français, letton, italien et grec ont signalé qu'ils ne pouvaient pas arrêter de position définitive avant que la Commission présente des informations plus précises sur la répartition entre les États membres de l'enveloppe de 101,2 milliards d'euros (en prix courants) consacrée à la politique de développement rural de 2014 à 2020.
La ministre danoise, Mette Gjerskov, a souhaité que cette politique mette l'accent sur la préservation de l'environnement, sur les « biens publics », car l'UE connaît certes « une crise économique, mais aussi une crise verte ». La Suède a même demandé que 50% des fonds alloués aux programmes de développement rural soient consacrés à la protection de l'environnement.
Plusieurs pays ont pris note des propositions sur des mesures de gestion des risques, mais se sont montrés partagés sur la portée de telles actions. La baisse du taux de cofinancement proposée par la Commission pose problème à pas mal de pays. (LC)