Bruxelles, 16/12/2011 (Agence Europe) - L'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine ne devrait pas être paraphé lundi 19 décembre, lors du sommet UE-Ukraine à Kiev, a annoncé le négociateur européen Miroslav Lajcak, vendredi 16 décembre. « Étant donné qu'actuellement nous avons toujours à nous mettre d'accord sur des questions en suspens, il ne sera clairement pas possible de parapher (l'accord) au sommet », a-t-il souligné.
Le négociateur européen espère cependant pouvoir annoncer lundi la conclusion des négociations, ce qui permettrait d'entreprendre les mesures nécessaires afin de parapher l'accord. Mais selon un diplomate européen, quelques questions restent en suspens, parmi lesquelles les aspirations européennes de l'Ukraine. « Les négociations sont très proches d'un accord, mais nous n'y sommes pas encore », a-t-il expliqué. Si aucun accord n'est trouvé d'ici lundi, il interviendra « bien plus tard », en 2012, a-t-il ajouté. « S'il n'y a pas de volonté politique de finir avant lundi, je ne vois pas pourquoi il y en aurait plus pour finir avant le 31 décembre », a-t-il expliqué.
D'après une autre source européenne, l'Ukraine souhaiterait s'inspirer du préambule de l'accord d'association signé entre l'UE et la Pologne en 1991, qui mentionnant que l'accord était le préambule à une future adhésion à l'UE. Mais les Européens, en particulier l'Allemagne, préféreraient se limiter au fait que l'Ukraine « est un pays européen » et « prendre note » de ses aspirations à rejoindre un jour l'UE.
Cet accord d'association comprend un important volet économique avec l'établissement d'une zone de libre-échange complète et approfondie, qui permettra la suppression de barrières douanières sur de nombreux biens et services.
Cet accord comporte aussi un aspect politique, avec le respect de valeurs partagées dont les droits de l'homme, les libertés fondamentales et l'état de droit. L'UE s'inquiète d'ailleurs des « problèmes systémiques » du système judiciaire ukrainien, qui aboutissent à une justice sélective qui « neutralise les responsables de l'opposition » au président Viktor Ianoukovitch, dont la plus connue est l'ancienne Premier ministre Iulia Timoshenko, a souligné un diplomate européen. « Nous ne parlons pas d'une personne en particulier mais du problème en général », a-t-il ajouté.
Lors du sommet, les dirigeants européens discuteront aussi de l'intégration économique, notamment de la stabilité macro-économique, des efforts pour améliorer la gouvernance économique, en particulier la gestion des finances publiques, du climat des affaires et de l'investissement en Ukraine et des questions énergétiques.
Ils aborderont aussi la mobilité dont les derniers développements dans la mise en place du Plan d'action pour la libéralisation des visas, présenté par l'Ukraine lors du sommet de 2010, et sur les négociations pour amender l'accord de facilitation des visas de 2008.
Européens et Ukrainiens discuteront enfin de la situation internationale, en particulier des relations avec la Russie - dont les questions énergétiques et en particulier gazière - le Bélarus, la Moldavie avec la situation en Transnistrie, et les suites du sommet du Partenariat oriental. (CG)