Bruxelles, 16/12/2011 (Agence Europe) - Il faut un investissement de tous les jours dans notre Europe commune et un véritable New Deal européen, a déclaré jeudi 15 décembre le président Buzek, dans son discours de fin de mandat (qui a durée deux ans et demi) face aux députés européens. Il devrait céder son poste le 17 janvier au profit de Martin Schulz (S&D, allemand) pour la fin de la législature du PE.
Jerzy Buzek a rappelé que « notre Union se retrouve dans une crise profonde dont les causes sont aussi politiques, que psychologiques et économiques ». Il a assuré qu'il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas décevoir, et il a essayé de tenir compte de tous les points de vue.
Il a est revenu sur certains sujets marquants durant son mandat, comme la mise en œuvre difficile du Traité de Lisbonne (« je suis convaincu qu'il faut plus d'Europe », a-t-il dit), et grâce à ce traité le nouveau rôle de co-législateur du PE dans la prise de décision. « Il faut utiliser notre pouvoir. Et je suis heureux de voir que le PE est prêt en coopération avec les autres institutions européennes à lancer un programme pour contribuer à régler nos problèmes économiques et financiers ». Il a rappelé le blocage orchestré par le PE sur le premier accord SWIFT avec les États-Unis « pour défendre les intérêts de nos concitoyens ». Le PE a aussi utilisé son pouvoir pour remodeler le SEAE (Service européen pour l'action extérieure) et le rendre plus représentatif « de notre communauté ». Il a évoqué aussi l'introduction d'un code de conduite pour les membres du PE.
Mais réagir à la crise a constitué l'un des défis majeurs, avec notamment la discussion du paquet sur la gouvernance économique. « Le PE peut être fier du rôle qu'il a joué » en la matière, a-t-il dit.
La stabilité à long terme ne peut venir que de la démocratie, et pourquoi ne pas l'appliquer à nos voisins les plus proches. Les pays voisins arabes nous l'ont rappelé, a-t-il dit. « Si nous voulons exporter notre modèle démocratique, nous devons ouvrir progressivement nos marchés pour les biens et services des pays » de la politique de voisinage de l'UE, a plaidé M. Buzek. « Notre pouvoir parlementaire peut être tout aussi fort que la force, c'est ce que nous avons pu constater dans les Balkans occidentaux », a souligné M. Buzek. « Quand j'ai parlé aux manifestants de la place Tahrir au Caire et aux combattants de la liberté place des Martyrs à Tripoli, ils ont remercié l'Europe » pour ce qu'elle a fait.
Il a estimé que l'UE est « le meilleur endroit possible » où vivre (lieu de diversité, créativité et de liberté).
Nous avons besoin d'un projet commun et d'un New Deal pour l'Europe, a-t-il dit. Pour l'avenir, il préconise: - une nouvelle vague d'intégration politique. Nous ne voulons pas un super-État ; - une nouvelle vague d'intégration économique (il faut créer une véritable union économique et financière). Il espère que les frictions au sujet de l'utilisation de la méthode intergouvernementale vont conduire à plus, et pas à moins, d'utilisation du Traité de Lisbonne et de la méthode communautaire ; - un espace civique européen véritable. L'Europe a besoin de plus de solidarité, de responsabilité et de plus d'enthousiasme. L'Europe s'est construite à partir d'un rêve, et nous n'avons pas le droit d'oublier ces rêves, a-t-il conclu. (LC)