Bruxelles 11/12/2011 (agence EUROPE) - En visite en fin de semaine dernière à Paris, où il a été invité à s'adresser à l'Assemblée nationale française, Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères, a annoncé l'ouverture prochaine de négociations exploratoires avec l'UE pour que l'Algérie puisse participer à la Politique européenne de voisinage (PEV), « cette politique ayant fait l'objet d'un lifting et qui la rend plus accessible au pays que nous sommes ». « La lutte contre le terrorisme, le Printemps arabe, le Maghreb et les relations franco-algériennes ont été au menu de 'l'audition' », rapportent les médias algériens. Il a présenté aux députés le programme de réforme algérien: ce processus sera « consolidé dès le second semestre 2012 par la révision de la Constitution », a dit le ministre.
Ce sont surtout les perspectives d'un changement de ligne algérien vis-à-vis du partenariat avec l'UE qui retiennent l'attention. Le Quotidien d'Oran explique que « longtemps réticente à rejoindre cet ensemble politique régional, Alger semble dorénavant, plus ouverte à ce nouveau concept de relations entre l'UE et les pays méditerranéens de la rive sud. Le Maroc et la Tunisie font déjà partie des pays qui ont adhéré à la PEV, qui offre plusieurs avantages aux pays membres, avec ''un statut avancé ». Face à la presse, le 8 décembre, Laura Baeza, ambassadeur de l'UE à Alger a expliqué la révision en cours à Bruxelles annoncée en mars dernier par le besoin d'une « réponse adaptée à l'évolution rapide des pays de voisinage et à leurs besoins de réformes ». La démarche « bénéficie d'une enveloppe de 7 milliards d'euros » et la promesse d'aide via la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). « Le texte de cette nouvelle stratégie souligne que le renforcement du soutien de l'UE à ses voisins sera conditionné notamment aux progrès qu'ils auront accomplis en ce qui concerne l'établissement et la consolidation de la démocratie ainsi que le respect de l'État de droit », a souligné Mme Baeza. Elle a indiqué que des discussions sont en cours au niveau des experts qui auraient permis de constater un assouplissement de la position algérienne sur la PEV. Une réunion du Comité d'association Algérie-Union européenne aura lieu la semaine prochaine, a indiqué, Mme Baeza. Les sources médiatiques rapportent que « les négociations sur le démantèlement tarifaire se poursuivent. Des difficultés techniques sont enregistrées pour la liste des biens industriels, alors que celle des produits agricoles est déjà bouclée. L'assouplissement des procédures liées à l'investissement en Algérie est toujours demandé par les opérateurs économiques ».
En sens inverse, un appui financier est défini. Selon les médias, « pour la période 2011-2013, le programme de coopération entre l'UE et l'Algérie bénéficie d'un budget de 172 millions d'euros. En 2014, Bruxelles, où l'on sait parfaitement que l'Algérie n'a pas réellement besoin d'argent, envisage de revoir à la hausse cette enveloppe qui sera orientée vers le financement de projets techniques. En 2011, par exemple, 13 millions d'euros ont été affectés à un programme de mise en œuvre d'une nouvelle stratégie des transports en Algérie », écrit le Quotidien, rendant compte de la rencontre avec Mme Baeza laquelle parle « d'une nouvelle dynamique » désormais imprimée aux relations euro-algériennes qui semblent marquées par la volonté commune de renforcer en particulier la coopération dans l'énergie (EUROPE n°10512). (FB)