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Bulletin Quotidien Europe N° 10514
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) onu/climat

L'UE salue l'accord de Durban comme une percée historique

Bruxelles, 12/12/2011 (Agence Europe) - Pas grand-chose c'est mieux que rien, et c'est même beaucoup quand on a frôlé le rien. Si tous s'accordent à dire que l'accord trouvé dimanche matin à la conférence climatique onusienne de Durban (COP 17) manque d'ambition, l'Union européenne qui, jusqu'à la dernière minute, a craint le pire - l'échec de Durban et le vide juridique à l'expiration du Protocole de Kyoto dans un an - se félicite du résultat comme d'une 'percée historique pour le climat', même si les engagements contraignants pour 2020 sont encore à venir. Il aura fallu aux négociateurs ajouter deux nuits blanches à quatorze jours de négociations pour que tous les pays du monde parviennent à trouver, in extremis, un accord minimaliste pour sauver le Protocole de Kyoto après 2012 et agréer une feuille de route qui conduira tous les pays du monde - y compris les États-Unis, la Chine et l'Inde - à préparer un nouveau Traité international juridiquement contraignant qui devra être conclu en 2015 pour entrer en vigueur en 2020. C'était le minimum qu'exigeait l'UE pour pouvoir s'y rallier (EUROPE n° 10502).

Les 196 parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC) sont également parvenues - entre autres décisions techniques visant à mettre en œuvre les accords de Cancún (COP 16 , l'an dernier) - à rendre opérationnel le Fonds vert pour le climat créé à Copenhague (COP 15 en 2009) et qui devra être alimenté par les pays développés à hauteur de 100 milliards de dollars US par an à compter de 2020 pour soutenir les efforts d'atténuation et d'adaptation des pays en développement. Les 40 millions d'euros promis par l'Allemagne et les 15 millions d'euros promis par le Danemark ont contribué à cette avancée.

De l'avis de Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat, « la stratégie de l'UE a payé. Quand, après Cancún, de nombreuses parties ont dit qu'à Durban on ne pourrait que mettre en œuvre les décisions prises à Copenhague et à Cancún, l'UE a dit qu'elle voulait davantage d'ambition. Et elle l'a obtenu. Nous avions dit que nous n'accepterions pas une nouvelle période d'engagement au titre de Kyoto si nous n'obtenions pas en contrepartie une feuille de route pour l'avenir qui conduise à l'engagement de toutes les parties. Alors que Kyoto divise le monde en deux catégories, nous aurons maintenant un régime qui reflètera la réalité du monde d'aujourd'hui qui est interdépendant. Et comme nous sommes interdépendants, ce que nous promettons de faire doit avoir le même poids juridique pour tous. Avec l'accord sur une feuille de route vers un nouveau cadre légal d'ici à 2015 qui impliquera tous les pays dans la lutte contre le changement climatique, l'UE a atteint son principal objectif ». Au nom de la présidence polonaise du Conseil, Marcin Korolec, ministre de l'Environnement de la Pologne souligne que « la plate-forme de Durban nous conduira tous à un accord contraignant et voit dans ce résultat inespéré un succès de l'Union européenne et de la communauté internationale tout entière. »

L'eurodéputé Karl-Heinz Florenz, PPE (Allemagne), membre de la délégation parlementaire à Durban est ravi que « tous les grands émetteurs soient à bord ». Il apprécie le résultat en ces termes: « C'est moins que ce dont on pouvait rêver, mais beaucoup plus que ce que l'on escomptait ». Kriton Arsenis, (S&D, Grèce) est consciente que les critiques seront nombreuses sur la formulation et les lacunes de l'accord. « Il est clair qu'en tant qu'humanité, nous avons juste décidé d'assurer notre salut. Maintenant nous aurons l'occasion de nous battre avec détermination pour obtenir que les détails soient à la hauteur de l'enjeu », déclare-telle. Une fois n'est pas coutume, le groupe des Verts/ALE félicite l'UE qui, avec le soutien des îles et des nations les plus fragiles, « a fait son possible pour trouver un accord incluant l'ensemble des parties, - un accord dont l'essentiel est toutefois reporté à plus tard ». Le groupe estime que l'Europe a montré son leadership dans le processus multilatéral. « Dans les circonstances de cette négociation, nous pouvons être fiers d'être Européens et d'avoir su imposer la nécessité d'une vision globale des traitements et mécanismes nécessaires à la lutte contre le réchauffement planétaire. Nous pouvons être fiers de la position responsable et moteur de l'UE sans laquelle aucune décision, aussi insuffisante, soit-elle n'aurait été possible », déclare Sandrine Bélier (France). Yannick Jadot (France), estime, lui, que « cet accord en demi-teinte doit servir de base à une prise de responsabilité individuelle des États. Il est devenu clair que nous ne pouvons plus uniquement compter sur le processus onusien, mais devons trouver d'autres façons de répondre à l'urgence climatique ».

Une échappatoire dangereuse. Les ONG de l'environnement sont loin d'être soulagées. « La mauvaise nouvelle, c'est que les pays qui bloquaient les négociations, conduits par les États-Unis, ont réussi à insérer une clause vitale de sortie de l'accord qui permettrait aisément d'empêcher le prochain grand accord climatique d'être juridiquement contraignant. Si cette échappatoire était exploitée, ce serait un désastre », avertit Greenpeace international. (AN)

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