Bruxelles, 12/12/2011 (Agence Europe) - Les négociations pour des accords bilatéraux de libre-échange avec la Malaisie et Singapour progressent. Mais l'UE a de grandes ambitions avec les économies de la zone ASEAN, et veut aussi conclure des accords avec le Vietnam, l'Indonésie, les Philippines et la Thaïlande.
Moteur important de l'économie mondiale, avec ses marchés à croissance rapide, l'Asie du Sud-Est est une région privilégiée par une UE en quête de nouveaux accords commerciaux bilatéraux. Après l'échec des négociations de bloc à bloc entre l'UE et l'ASEAN, lancées en 2007 et gelées en 2009, échec dû à la fois à l'hétérogénéité du bloc asiatique et à l'écueil du dossier de la Birmanie/Myanmar, Karel De Gucht conduit une offensive commerciale auprès des pays du sud-est asiatique, pour tirer profit du dynamisme de la région. « L'Asie va continuer à jouer un rôle moteur pour l'économie mondiale, l'UE doit renforcer ses liens avec les pays de la région, en particulier ceux de l'ASEAN, en termes d'échanges commerciaux et d'autres formes tangibles de coopération », rappelait la semaine dernière le commissaire au Commerce, lors d'une rencontre avec des représentants des médias asiatiques. Au bénéfice des deux parties, insistait-il.
Lancées en 2010, les négociations pour des accords avec Singapour et la Malaisie sont en bonne voie pour s'achever en 2012, en début d'année pour la première, au mieux en fin d'année pour la seconde. Une fois conclus, les accords pourraient toutefois prendre deux ou trois ans à entrer en vigueur, le temps de finaliser les documents. Mais le commissaire De Gucht vise désormais le lancement de négociations avec quatre autres pays du bloc ASEAN, le Vietnam, l'Indonésie et les Philippines et la Thaïlande, qui pourrait être le prochain partenaire de discussion.
Récemment frappée par d'importantes inondations, la Thaïlande est l'une des économies fortes avec lesquelles l'UE veut rapidement stimuler ses échanges, ses investissements et la coopération dans de nombreux domaines, soulignait le 12 décembre l'agence de presse Thaï News. La négociation d'un accord bilatéral devrait faire l'objet d'une réunion, en marge de la conférence ministérielle de l'OMC mi-décembre à Genève, entre M. De Gucht et le ministre thaïlandais du commerce Kittiratt Na-Ranong. La Thaïlande a déjà formé un groupe de travail avec les industries intéressées pour examiner l'opportunité de lancer des pourparlers avec l'UE. Bangkok attend désormais un mandat de son parlement. Marchés publics, propriété étrangère des entreprises, ouverture du marché des services, droits de la propriété intellectuelle - en particulier sur les médicaments, et libéralisation des tarifs sur les vins et les alcools sont des dossiers particulièrement sensibles pour le pays. Avec un volume d'échanges bilatéraux s'élevant à 21,9 milliards d'euros par an, la Thaïlande est le troisième plus grand partenaire de l'UE dans la zone ASEAN. (EH)