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Bulletin Quotidien Europe N° 10512
ÉCONOMIE-FINANCES-ENTREPRISES / (ae) bce

Draghi douche les espoirs d'une intervention massive de la BCE

Bruxelles, 08/12/2011 (Agence Europe) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a douché jeudi 8 décembre les espoirs d'une intervention massive de son institution face à la crise, appelant plutôt les gouvernements à « faire le maximum ». À l'adresse des dirigeants européens réunis depuis jeudi soir 8 décembre à Bruxelles, il a appelé de ses vœux un nouveau « pacte budgétaire » en zone euro, pour enrayer l'envol de la dette des États. « La responsabilité ultime (d'enrayer la crise) appartient aux responsables politiques », a-t-il répété.

M. Draghi a estimé que si ce pacte budgétaire devait être doté d'un « cadre juridique crédible », il était « tout aussi important qu'il soit mis en place rapidement », une manière de s'opposer à des procédures trop longues de ratification en cas de modification des traités européens.

Le président de la BCE s'est par ailleurs dit « surpris de l'interprétation de (ses) propos » après un discours devant le Parlement européen la semaine dernière. Certains médias avaient alors affirmé que M. Draghi serait disposé à intervenir massivement en soutien des États, une fois mises en place les réformes institutionnelles. Le président de la BCE a dit qu'en matière de soutien aux pays en détresse, sa « préférence allait au FESF et au MES », soit au mécanisme déjà mis en place et à celui qui doit le relayer. M. Draghi les a jugés « parfaitement équipés » pour faire face à la crise de la dette. Le président de la BCE a aussi exclu la possibilité d'intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains États, notamment la France, soulignant une nouvelle fois que les achats d'obligations publiques qu'effectue déjà la BCE sont « limités » et « temporaires ». « Les traités interdisent un financement monétaire des États », a dit M. Draghi. Il a aussi balayé la possibilité d'un financement des États par la BCE, mais via le Fonds monétaire international (FMI): « c'est incompatible avec les traités ».

Les perspectives de croissance revues à la baisse

La BCE a revu en forte baisse sa prévision de croissance en zone euro en 2012, à 0,3% contre 1,3% espéré jusqu'ici, à cause essentiellement « de la forte incertitude liée à la crise de la dette », a dit Mario Draghi. Pour cette année, la BCE a maintenu sa prévision de 1,6%, et elle a livré une première attente pour 2013, en l'occurrence une croissance de 1,3%. En matière d'inflation, l'institution attend une accalmie progressive, avec un taux prévu à 2,7% en 2011, 2% en 2012 puis 1,5% en 2013. À propos du ralentissement de l'inflation, le président de la BCE a indiqué ne pas « distinguer une forte probabilité » que le phénomène mène jusqu'à une spirale de déflation, c'est-à-dire de baisse généralisée des prix et des salaires paralysant l'économie.

Comme attendu, la BCE a décidé de réduire le loyer de l'argent de 25 points de base: - le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement de l'Eurosystème est abaissé de 25 points de base, à 1,00%; - le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal est abaissé de 25 points de base, à 1,75 %; - le taux d'intérêt de la facilité de dépôt est abaissé de 25 points de base, à 0,25 %.

Nouvelles mesures en faveur des banques

La BCE va lancer deux opérations de prêt sur 36 mois en faveur des banques, à taux fixe et montant illimité, pour améliorer leur accès aux liquidités et donc assurer le bon fonctionnement de l'économie de la zone euro. L'institution monétaire de Francfort va en outre élargir le spectre des garanties exigées en échange de ses prêts, afin de permettre aux banques les plus en difficulté d'accéder à ses financements. M. Draghi s'est par ailleurs inquiété des réformes sur la capitalisation des banques de l'Union européenne. « Il ne faudrait pas qu'elles aboutissent à pénaliser le fonctionnement de l'économie de la zone euro », a-t-il déclaré, quelques heures avant la publication par l'Autorité bancaire européenne (EBA) de sa nouvelle estimation des besoins en recapitalisation des banques européennes. Les autorités européennes on en effet décidé que les banques devaient améliorer leur proportion de capitaux propres 'durs' pour être capable de faire face à un effondrement des marchés financiers. Fin octobre, l'EBA avait estimé à 106 milliards d'euros ces besoins en nouveaux capitaux. Mais l'EBA avait alors précisé qu'elle allait réviser ce chiffre en fonction des dernières données disponibles sur l'exposition des banques aux dettes souveraines des pays de la zone euro. (LC)

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