Bruxelles, 08/12/2011 (Agence Europe) - Défenseur du libre-échange, le commissaire au Commerce Karel De Gucht rejette toute idée de protectionnisme de l'UE, dans le resserrement qu'elle va opérer, à partir de 2014, de son système de préférences généralisées pour les pays en développement.
« L'idée que nous allons changer de politique commerciale n'est certainement pas vrai », a insisté Karel De Gucht, lors d'une rencontre avec des représentants de médias asiatiques, mercredi 7 décembre à Bruxelles. Le commissaire au Commerce a ainsi balayé toute idée de protectionnisme de l'UE à travers deux initiatives à venir, d'une part le resserrement de son système de préférences généralisées (SPG) accordées aux pays en développement - l'exécutif européen veut réduire de moitié la liste des 176 nations qui en bénéficient actuellement, d'autre part le réexamen de ses instruments de défense commerciale (mesures antidumping, antisubventions et de sauvegarde) pour les moderniser afin qu'ils répondent mieux aux pratiques déloyales. « Je pense que le commerce est un facteur de croissance très important. Nous voulons profiter de la croissance de régions en plein essor », a expliqué cet ardent défenseur du libre-échange, réaffirmant l'engagement de l'UE dans le maintien de marchés ouverts pour stimuler la croissance, et ce malgré la crise de l'euro.
M. De Gucht a par ailleurs assuré que le resserrement du SPG, qui prévoit le retrait de la liste des bénéficiaires des pays à haut et moyen revenu pour concentrer les préférences sur les économies qui en ont le plus besoin, « n'est pas du protectionnisme », le commissaire arguant que les accords commerciaux bilatéraux sont beaucoup plus efficaces pour stimuler le développement qu'un système unilatéral de distribution d'argent avec largesse, tel que le SPG. La liste définitive des pays bénéficiaires ne sera arrêtée qu'en fin de procédure législative, sur la base des trois dernières années, mais De Gucht a avait clairement évoqué, lorsqu'il présenta sa proposition en mai dernier, le retrait de la liste de nations émergentes comme le Brésil, la Chine, l'Inde ou la Thaïlande, assurant qu'elles n'avaient plus besoin de préférences pour construire leur réussite économique.
Quant à la révision de l'arsenal de défense commerciale, le commissaire au Commerce n'anticipe « pas de changements majeurs », mais « seulement un examen critique ». (EH)