Bruxelles, 08/12/2011 (Agence Europe) - Des migrants surqualifiés mais confrontés plus que les autres au chômage et au risque de pauvreté. C'est ce qui ressort d'une enquête de l'Office européen de statistiques, Eurostat, qui a publié le 8 décembre une étude sur les personnes âgées de 25 à 54 ans nées à l'étranger, une population qui représentait en 2010 9,4 % de la population de l'UE. Selon l'enquête Eurostat, 1 personne sur 3 née à l'étranger serait ainsi surqualifiée pour son emploi, contre 1 natif de l'UE sur 5, indique-t-elle dans un communiqué, les non natifs se trouvant généralement dans des conditions socio-économiques moins favorables que les autres.
En 2008, dit Eurostat, le taux de chômage des personnes âgées de 25 à 54 ans nées à l'étranger était ainsi supérieur à celui des natifs du même groupe d'âge (10% contre 6%). Et « lorsqu'elles travaillent, les personnes nées à l'étranger ont souvent plus de difficultés à trouver un emploi correspondant à leur niveau d'éducation ». En 2008, dans l'UE, le taux de surqualification des personnes âgées de 25 à 54 ans nées à l'étranger était supérieur à celui des natifs (34% contre 19%).
En ce qui concerne le taux de chômage, dit Eurostat, des « différences particulièrement importantes étaient enregistrées en Belgique (14% pour les personnes nées à l'étranger contre 5% pour les natifs), en Suède (11% et 3%), en Finlande (11% et 5%), en Espagne (15% et 9%), en France (12% et 6%) et en Allemagne (12% et 6%) ». En matière d'emploi et de taux de surqualification, « la différence était particulièrement marquée en Grèce (62% pour les personnes nées à l'étranger contre 18% pour les natifs), en Italie (50% et 13%), en Espagne (58% et 31%), à Chypre (53% et 27%), en Estonie (47% et 22%) et en Suède (31% et 11%) ».
Pour Eurostat, une personne sur trois âgée de 25 à 54 ans née à l'étranger est par ailleurs menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale. En 2008, 31% étaient considérées à risque de pauvreté ou d'exclusion sociale contre un pourcentage de 20% pour les natifs. « Des différences notables étaient enregistrées en Belgique (36% des personnes nées à l'étranger contre 13% des natifs), en Suède (32% et 10%), en Grèce (45% et 23%), en France (34% et 14%), en Autriche (32% et 13%), en Finlande (31% et 13%) et au Danemark (31% et 13%) ».
Enfin, les migrants étudiés se trouvent aussi dans une situation moins favorable en matière de conditions de logement. En 2008, ils vivaient « plus souvent dans un logement surpeuplé que les natifs (23% contre 19%). Les différences étaient particulièrement marquées en Autriche (40% pour les personnes nées à l'étranger contre 9% pour les natifs), en Grèce (49% et 26%), en Slovénie (61% et 41%), en France (26% et 8%) et au Danemark (21% et 6%) », dit encore Eurostat. (OL)