Bruxelles, 08/12/2011 (Agence Europe) - Karel De Gucht qui retrouvera la semaine prochaine ses homologues pour la 8ème conférence ministérielle de l'OMC, du 15 au 17 décembre à Genève, où sera entériné le constat d'impasse du round de Doha, 10 ans après son lancement, juge « assez démoralisant » le blocage persistant des négociations multilatérales sur la libéralisation des échanges mondiaux. Un blocage qu'il impute notamment aux États-Unis. « Doha ne fait pas partie de leur agenda », a déploré le commissaire, lors d'un entretien avec des représentants des médias asiatiques, le 7 décembre. Un blocage dont, en outre, « personne ne sort vainqueur » selon lui, compte tenu de « l'incertitude » qu'il fait peser sur le commerce mondial. M. De Gucht ne voit toutefois pas les positions bouger avant les prochaines élections présidentielles américaines. « On ne peut pas avancer si les États-Unis ou l'Europe ne font pas partie de l'accord », a-t-il insisté.
M. De Gucht s'inquiète par ailleurs de la mise en place de nouvelles mesures protectionnistes, en particulier des barrières non-tarifaires, comme celles récemment adoptées par le Brésil en matière d'obligation d'investissement dans la R&D pour les entreprises étrangères, ou par la Chine pour les voitures électriques. « En 2008, il y avait eu une première vague de mesures, dont 80% sont toujours appliquées. Mais maintenant, il y a une deuxième vague plus structurelle. Et c'est très dangereux », a fait remarquer le commissaire au Commerce, relayé par l'agence Belga. Est donc nécessaire, à ses yeux, une OMC plus forte, où discuter de nouveaux sujets comme les investissements, la propriété intellectuelle ou l'énergie. (EH)