Bruxelles, 08/12/2011 (Agence Europe) - Le « Groupe Spinelli » a présenté, jeudi 8 décembre, avant l'ouverture du sommet européen, ses propositions pour répondre à la crise. « Nous souhaitons avertir contre les dangers de tentation de 'coups de chefs d'État' franco-allemand. Pour mettre un terme à la crise et revenir à la stabilité de l'euro, il faut emprunter la voie de l'Europe fédérale », a souligné le député européen Guy Verhofstadt (ADLE). Pour le Groupe Spinelli, les décisions prises ne rassureront les marchés que quelques jours. « Cela fait deux ans que les dirigeants européens ne règlent pas la crise et l'opinion publique a compris qu'il y a un problème. Cela ne cesse de se dégrader », a souligné Sylvie Goulard (ADLE, française). « Nous sommes terrifiés par leur immobilisme », a complété Isabelle Durand (Verts/ALE, belge).
Les membres de ce groupe proposent une solution en deux temps. Ils plaident pour la mise en place immédiate du paquet de gouvernance économique « 6 packs », adopté en 2011 et où « l'on retrouve toutes les sanctions dont nous avons besoin », a précisé M. Verhofstadt. Le groupe veut aussi un fonds de remboursement collectif de la dette, qui doit être mis en lien avec une feuille de route complète pour l'introduction d'obligations européennes. Il appelle à la transformation du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) et du Mécanisme européen de stabilité (ESM) en une banque, avec une licence bancaire et la capacité d'acheter des obligations. Enfin, les membres du groupe soulignent qu'une nouvelle stratégie basée sur un budget fédéral et financée par une utilisation massive des investissements obligataires « Projects bonds » est nécessaire. Ces « projects bonds » apporteront des fonds pour l'investissement dans la modernisation et la transformation écologique de l'économie européenne, et devraient mettre l'accent sur des domaines tels que le transport, l'énergie et les projets de recherche scientifiques.
Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, français) a précisé que la base de ces actions est un « carré magique », dont tous les angles ont la même importance: « la solidarité, la discipline, la croissance soutenable et le contrôle démocratique ».
« Le Conseil menace de se perdre en discussions non productives, concentrons-nous sur ces cinq actions concrètes, a ajouté M. Verhofstadt. Nous avons besoin de changement ambitieux au traité, pas de changements mineurs ». Car une fois ces actions immédiates en place, le Groupe Spinelli souhaite une révision complète du traité, « pour restaurer la confiance des marchés et du public ». Il appelle au lancement d'une nouvelle convention, qui impliquerait les citoyens.
Selon M. Verhofstadt, les propositions du groupe Spinelli pourraient être soutenues par Jean-Claude Juncker, Elio Di Rupo ou encore Mario Monti, membre du groupe. (CG)