Bruxelles, 03/11/2011 (Agence Europe) - La Turquie est traitée de « façon injuste » par l'Union européenne dans le dossier de sa candidature à l'adhésion, a estimé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dans un entretien publié jeudi 3 novembre dans le quotidien allemand Bild. « La Turquie est traitée de façon injuste. Depuis que je suis Premier ministre, l'UE a admis douze pays, dont même la partie grecque de Chypre », a-t-il déploré. « Le pays avance selon ses mérites. La Commission européenne l'a indiqué dans le dernier rapport de suivi sur la Turquie dans une évaluation objective, juste et factuelle des choses à faire et des progrès réalisés », a souligné à Agence Europe le porte-parole du Commissaire à l'Élargissement Stefan Füle, Peter Stano concernant cette adhésion.
Le Premier ministre turc a également mis en cause Paris et Berlin. « Depuis que la chancelière Merkel et le président français Sarkozy gouvernent, je n'ai même plus été invité une fois aux sommets européens », a-t-il expliqué. La veille, mercredi 2 novembre, dans le même journal, M. Erdogan avait reproché à l'Allemagne de ne pas soutenir fermement sa candidature. « Les hommes politiques allemands devraient en faire beaucoup plus pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, car cela ferait massivement avancer l'intégration », a-t-il souligné. Il a ajouté qu'ils ne reconnaissent pas assez « l'imbrication étroite » des trois millions de Turcs vivant en Allemagne, dont 700 000 ont la citoyenneté allemande. « Naturellement, je préférerais que tous les trois millions aient la double nationalité », a-t-il ajouté. La question de la double nationalité est un point de discorde entre les deux pays, tout comme l'obligation d'apprendre l'allemand pour le rapprochement familial, dont s'est plaint M. Erdogan. « Quand un jeune Turc (vivant en Allemagne) aime une fille de Turquie et veut l'épouser, c'est une faute de la part du gouvernement allemand d'exiger qu'elle apprenne l'allemand avant », a-t-il déclaré. Le Premier ministre a lancé que « l'assimilation est un crime contre l'humanité » lors d'un point presse, mercredi, avec la chancelière, pour commémorer le 50ème anniversaire du pacte ayant permis à des centaines de milliers de travailleurs turcs d'immigrer en Allemagne. Les relations entre Angela Merkel et le Premier ministre turc sont tendues en raison des réticences de la chancelière vis-à-vis de l'entrée de la Turquie dans l'UE. (CG)