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Bulletin Quotidien Europe N° 10488
CRISE DE LA ZONE EURO ET G20 / (ae) g20/italie

Berlusconi présente un paquet de mesures aminci

Bruxelles, 03/11/2011 (Agence Europe) - Ce n'est finalement qu'un paquet de mesures fortement amputé que le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, accompagné de son ministre des Finances, Giulio Tremonti, a présenté à ses partenaires du G-20, réunis à Cannes jeudi 3 et vendredi 4 novembre. La réaction du président Sarkozy a été somme toute positive. Le président français a déclaré: « J'ai confiance dans l'économie italienne, une des plus fortes du monde. M. Berlusconi a indiqué le résultat de la réunion du gouvernement. Il le voit bien, la question n'est pas tant le contenu du paquet, mais sa mise en œuvre. »

Les discussions de la nuit dernière au sein d'un gouvernement italien de plus en plus divisé et un veto du président de la République, Giorgio Napolitano, auront eu raison d'une partie du paquet présenté dans la lettre du gouvernement italien à l'UE la semaine dernière (EUROPE n° 10483), des mesures qui auraient dû être adoptées par décret par l'exécutif. Seraient ainsi passées temporairement à la trappe des mesures telles que la taxe sur le patrimoine ou le prélèvement forcé sur les comptes courants, la modification du code du travail pour faciliter les licenciements (bloquée par le président de la République), ou encore le blocage des pensions d'ancienneté, dont la Ligue du Nord, principal partenaire du parti de M. Berlusconi, ne veut pas entendre parler. Ce dernier point n'est cependant pas clair, puisque M. Berlusconi aurait confirmé à ses partenaires du G-20 le relèvement à 67 ans de l'âge de départ à la retraite d'ici 2026.

Reste une série de mesures contenues dans un maxi-amendement au décret-loi « stabilité » à soumettre aux deux Chambres avant le 15 novembre (EUROPE n° 10487) pour démontrer aux partenaires internationaux que l'Italie respecte les engagements contractés au Sommet de la zone euro la semaine dernière et calmer la spéculation sur les marchés. Pour faire taire les dissensions au sein de son gouvernement et donner à ses partenaires un gage de crédibilité, M. Berlusconi a d'ailleurs annoncé qu'il demanderait un vote de confiance au Parlement sur ce paquet, afin de déterminer précisément, dans dix à quinze jours, les mesures qui seront mises en œuvre et un calendrier précis.

Ces mesures concernent entre autres: - le monde du travail, avec notamment la possibilité de licencier les fonctionnaires publics en surplus qui n'accepteraient pas de nouvelles affectations dans les deux ans, mais avec des mesures visant en particulier à favoriser l'embauche de jeunes ou l'insertion des femmes, en faveur surtout des petites entreprises, ou encore de plus grandes marges de manœuvre pour les régions dans la taxation. - l'accélération de ventes de biens publics surtout immobiliers (terrains et bâtiments publics) qui devrait permettre de collecter 5 milliards d'euros par an pendant trois ans à partir de 2012 ; - des facilitations fiscales pour les financements de grands travaux publics ; - la libéralisation de certaines professions réglementées; - l'augmentation de la concurrence notamment dans le secteur du gaz, de la distribution de carburants, des assurances-autos ou des transports publics locaux (EUROPE n° 10487 et n° 10483).

Face à cette présentation quelque peu confuse et aux incertitudes qui pèsent sur le futur du gouvernement dans un climat de spéculation intense sur la dette italienne (les taux d'intérêts sur les obligations italiennes ont encore atteint 6,1% mardi), les partenaires de l'Italie ont adopté jusqu'à présent une attitude prudente. Ainsi, la Commission européenne, par la voix de son porte-parole, s'est pour l'instant limitée à déclarer qu'il est « très important » que l'Italie applique rigoureusement et dans les délais indiqués les engagements qu'elle a pris dans la lettre présentée aux sommets de l'UE pour revenir à l'équilibre budgétaire en 2013, ajoutant qu'une possible intervention du Fonds européen de stabilité en faveur de l'Italie était pour l'instant une pure spéculation.

Ce jugement somme toute tempéré peut être mis en relation avec le rapport sur l'état des finances publiques italiennes, présenté jeudi 3 novembre par la Banque d'Italie, qui conclut à une situation sérieuse, mais tout compte fait positive: face à une dette publique élevée et à un taux de croissance bas, l'économie italienne présente aussi des points forts, tels qu'un un taux d'endettement privé contenu, l'absence de déséquilibres sur le marché immobilier, une quote-part de la dette publique détenue à l'étranger limitée (42,5% par rapport à une moyenne européenne de 52%) et une tendance au rééquilibrage des comptes publics. Ce dernier point est d'ailleurs confirmé par la FMI, selon lequel seules l'Allemagne et l'Italie ne devraient pas subir d'augmentation de la dette publique dans les prochaines années. En ce qui concerne l'Italie, celle-ci devrait commencer à décroître en 2013, avec une réduction des déficits publics. Des arguments que M. Berlusconi n'a pas manqué de répéter à ses partenaires. (FG)

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