Bruxelles, 03/11/2011 (Agence Europe) - À la veille du sommet des dirigeants du G20 à Cannes, le patron de l'OMC Pascal Lamy s'est voulu rassurant sur la crise des dettes souveraines, mercredi 2 novembre, tant sur l'éventuelle aide de la Chine à l'Europe que sur la question du référendum grec.
La possibilité d'une aide de la Chine à l'UE n'inquiète pas Pascal Lamy. Interrogé par le média BFM TV sur le risque d'état de dépendance des Vingt-sept à l'égard de Beijing, en cas de soutien financier chinois, le directeur général assure que « les Chinois se comporteront en investisseurs ». « La Chine a énormément investi dans les bonds du Trésor américain, et pour autant que je sache, les États-Unis ne sont pas devenus ses vassaux ». Le plan européen de secours à la zone euro du 27 octobre « ne prévoit pas d'aide de la Chine » mais « monte un système financier qui va devoir emprunter pour prêter aux pays et aux banques de l'UE ». « Il devra emprunter de l'argent sur les marchés, et forcément aller chez ceux qui en ont », a-t-il expliqué.
Quant au referendum grec décidé par le Premier ministre grec Georges Papandreou, M. Lamy est confiant, fort des assurances de « [ses] copains grecs », qu'« il peut être gagné ». « Les Grecs sont capables d'apprécier que c'est ça, ou quelque chose d'encore pire », a déclaré le socialiste français sur France Inter. A ses yeux, un abandon par la Grèce de la monnaie unique serait « plus douloureuse » pour son peuple que les plans d'austérité successifs imposés au pays, en récession depuis quatre ans. « En tant qu'expert, je n'ai aucun doute là-dessus », affirme M. Lamy, qui voit aussi en ce scénario une menace pour la stabilité de la région. Pour autant, le patron de l'OMC « trouve normal que le peuple se prononce ». En outre, M. Lamy estime qu'il n'est pas dans l'intérêt des créanciers de la Grèce de s'entendre avec un gouvernement affaibli qui risque d'être renversé et de ne pas tenir ses engagements. Enfin, ne jugeant « pas totalement exclue » la possibilité de l'effondrement de la zone euro, M. Lamy souligne la nécessité pour l'UE de faire « un pas supplémentaire vers une Europe fédérale sur le plan économique, budgétaire et fiscal ». (EH)