Bruxelles, 03/11/2011 (Agence Europe) - Une étude du CEPII, publiée le 31 octobre, montre que les gains d'un accord sur la libéralisation des échanges mondiaux de produits agricoles et industriels et de services, issu des négociations de Doha à l'OMC, se traduiraient en une hausse annuelle de 359 milliards de dollars des exportations sur la planète. Mieux, en cas d'accords sectoriels sur les produits chimiques, l'électronique et les machines, l'essor annuel des exportations mondiales pourrait atteindre 505 milliards de dollars.
À la veille de la 8ème conférence ministérielle de l'OMC à la mi-décembre à Genève, qui n'aboutira pas, comme espéré en début d'année, à la conclusion des laborieuses négociations commerciales multilatérales du round de Doha, lancées en 2001, mais seulement à des promesses de maintien des engagements à sceller le round dans un futur proche, l'UE, qui joue un rôle actif dans les pourparlers, tente de relancer la machine avec, sous le coude, une étude aux résultats alléchants en ces temps de crise, sur les gains possibles d'un accord.
L'étude menée, à la demande de la Commission européenne, par le Centre d'études prospectives et d'informations internationales, sur la base du compromis de juillet 2008 et des textes révisés d'avril 2011, révèle que l'accord sur la table est équilibré, en termes de gains, pour tous les acteurs - pays développés, émergents et en développement, et conduirait à 0,2% de croissance économique supplémentaire au niveau mondial. Pour l'UE, un accord se traduirait par une hausse supplémentaire de son PIB de 30 milliards de dollars par an.
Volet essentiel d'un accord multilatéral, la facilitation des échanges, qui consiste en la suppression des obstacles au passage des frontières pour les marchandises - la simplification des procédures douanières et l'allégement administratif pour les transports et la logistique -, contribuerait, à elle seule, à une hausse de 100 milliards de dollars des exportations mondiales chaque année, notamment en faveur des pays en développement.
Des accords sectoriels sur la libéralisation du commerce des produits chimiques, des machines et de l'électronique porteraient à 505 milliards de dollars la hausse annuelle des exportations mondiales, contre 359 milliards en cas d'accord global sans eux. En outre, la libéralisation du commerce de biens environnementaux apporterait aux exportations mondiales un gain supplémentaire de 8 milliards de dollars par an.
L'exécutif européen souligne dans un communiqué que « contrairement à une perception commune, un accord conduirait aussi à des effets positifs sur les recettes tarifaires pour certaines régions plus démunies, comme l'Afrique subsaharienne », en particulier grâce à la facilitation dés échanges.
Enfin, un accord n'aurait, selon la Commission, pas d'incidence négative sur les salaires des travailleurs de l'UE qui, qualifiés ou non, verraient leurs revenus augmenter de près de 0,3%.
Étude disponible à l'adresse suivante: http://trade.ec.europa.eu/doclib/html/148337.htm . (EH)