Bruxelles, 24/10/2011 (Agence Europe) - La grande conférence sur les moyens de financer les politiques européennes a permis d'aboutir à une « convergence de vues sur de nombreux aspects essentiels » comme un budget plus flexible ou encore lié à la stratégie EUROPE 2020, a dit jeudi 21 octobre Maros Sefcovic, le vice-président de la Commission européenne. Il a toutefois pris note des doutes exprimés (par certains) sur l'idée de la conditionnalité (suspension des fonds structurels et de cohésion en cas de violation par un pays des dispositions du Pacte de stabilité et de croissance), mais il s'est dit « convaincu que cela peut aussi avoir des effets positifs ».
Pour clore les débats de la conférence (lire aussi EUROPE n° 10477), le commissaire responsable des relations inter-institutionnelles, Maros Sefcovic, a cité notamment un accord des participants (représentants des institutions de l'UE, des pays de l'UE et des parlements nationaux, lire) sur: - la nécessité de se concentrer sur ce qui se fait mieux à l'échelle européenne (marché unique, investissement dans les infrastructures et la recherche…) ; - le besoin de maintenir un lien entre le budget de l'UE et la stratégie (politique) EUROPE 2020 ; - le besoin d'avoir un budget européen plus flexible et de ses concentrer sur la qualité des dépenses ; - le besoin d'aller plus loin dans la simplification en ce qui concerne la manière dont nous dépensons les crédits européens (mais il y a une responsabilité partagée entre l'UE et les autorités nationales, a rappelé le commissaire).
Le commissaire européen a constaté aussi un consensus sur l'utilité de « garder un esprit ouvert » sur la question des ressources propres de l'UE. Dans ce contexte, il a relevé que les participants préconisent d'avoir un système « plus transparent » de financement de l'UE, lequel permettrait de mettre fin aux discussions autour des bénéficiaires contre contributeurs nets au budget de l'UE. Enfin, il a été constaté le besoin de continuer le dialogue, en en particulier d'impliquer encore davantage les parlements nationaux.
José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, ont tenté de démolir les arguments de ceux qui s'opposent à un budget européen fort. « Ne vous laissez pas berner par le mythe selon lequel c'est de l'argent pour Bruxelles. Ce n'est pas le cas », a déclaré José Manuel Barroso. Il a expliqué que l'argent du budget de l'UE va aux jeunes qui ne peuvent pas trouver de travail, aux chercheurs, aux PME, aux régions… « Nous devons résister aux arguments fallacieux et malicieux selon lesquels si on dépense plus pour l'Europe, on aggravera la crise. Ce n'est pas vrai ! », a lancé M. Tusk. Le Premier ministre polonais a préconisé un « budget européen bien conçu » et bien fourni. Et il a défendu la proposition de la Commission sur le cadre financier 2014-2020.
Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a estimé que l'accord futur sur cadre financier pluriannuel devrait être « une alliance, qui ne soit pas que financière mais aussi politique ». « Nous voulons que ce budget reflète les défis du moment et veille à ce que l'UE reste forte pendant les décennies à venir », a-t-il dit.
José Manuel Barroso a déclaré aussi que le budget de l'UE peut offrir une réelle contribution à la croissance et à la prospérité. Il a parlé d'un budget garantissant des investissements pour l'UE, dans les infrastructures, les PME, des investissements dans nos régions, des investissements dans la formation, l'éduction, les emplois. Il s'agit dès lors d'un budget pour investir dans les citoyens européens, a dit M. Barroso.
Ressources propres. M. Barroso a rappelé le souhait de la Commission de ne plus compter uniquement sur les contributions nationales pour alimenter le budget de l'UE. « L'UE doit se financer entièrement par ses ressources propres », a-t-il déclaré. Un avis partagé par M. Buzek.
Accord espéré dans un peu plus d'un an. En conclusion, Maros Sefcovic a dit: « Alors que je me rends compte que notre tâche n'est pas facile, je crois que nous sommes sur la bonne voie pour parvenir d'ici la fin de l'année 2012 à un accord sur le prochain cadre financier qui soit juste et équilibré et qui garde l'ambition et qui s'inspire des propositions de la Commission. Les temps sont durs, mais comme la Commission le dit dans sa feuille de route pour la stabilité et la croissance, des investissements ciblés au niveau de l'UE sont essentiels pour tirer le meilleur parti du marché unique et de permettre à l'Europe de retrouver le chemin de la croissance ».
Deuxième conférence de ce type sous présidence danoise. Le nouveau ministre danois des Affaires européennes, Nikolai Wammen, a déclaré que son pays organiserait une autre conférence similaire sur le cadre financier pluriannuel d'après 2013. Ce dossier sera l'un des plus importants de la présidence danoise (1er janvier au 31 juin 2012).
Par ailleurs, Reimer Böge (PPE, allemande) et Alain Lamassoure (PPE, français) ont déploré le fait que les débats sur trois thèmes (ressources propres, priorités de dépenses et valeur ajoutée) ont eu lieu à huis clos. (LC)