Bruxelles, 24/10/2011 (Agence Europe) - Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a critiqué lundi 24 octobre les menaces du Conseil européen du 23 octobre d'imposer de nouvelles sanctions contre Téhéran si le pays ne coopère pas davantage sur son programme nucléaire. « Au cours des dernières années, la propagande négative à propos du programme nucléaire iranien a affecté les relations entre l'Iran et l'UE », a souligné le ministre, selon l'agence Irna. « Au lieu de présenter une image fausse et trompeuse du programme nucléaire iranien, l'UE ferait mieux de penser au danger des bombes atomiques stockées sur son territoire », a-t-il ajouté. Il a souligné que le programme nucléaire iranien est uniquement civil et que son pays « considère la production et l'utilisation de l'arme nucléaire comme haram (interdite par la religion) ».
Par ailleurs, le président du parlement iranien, Ali Larijani, a dit que Téhéran est prêt à reprendre les négociations sur son nucléaire avec le E3+3 (Allemagne, Royaume-Uni, France, Russie, États-Unis et Chine). « Nous avons toujours déclaré notre disponibilité à des négociations réelles mais nous n'avons pas le temps de plaisanter », a déclaré M. Larijani.
Dans une lettre envoyée à la fin de la semaine dernière à l'Iran en réponse à une lettre des Iraniens, la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton, parlant au nom du E3+3, a appelé le pays à « démontrer sa volonté de répondre aux inquiétudes concernant la nature de son programme nucléaire ». Catherine Ashton a proposé une reprise des négociations nucléaires « sans conditions préalables », afin de trouver une « solution à long terme, globale et négociée, de la question nucléaire » avec le E3+3, tout comme l'ont refait les dirigeants européens lors du sommet. Ces pays voudraient que l'Iran applique les résolutions prises par le Conseil de sécurité de l'ONU et par l'Agence internationale de l'énergie atomique. La lettre de la chef de la diplomatie évoque la possibilité d'un accord sur une rencontre « dans les prochaines semaines ».
Mais selon des sources citées par l'AFP, il ne faut pas s'attendre à une reprise prochaine des pourparlers. Les Iraniens « n'ont pas sérieusement répondu aux inquiétudes de la communauté internationale », et toutes les activités récentes de l'Iran « ne vont pas dans la bonne direction », a expliqué un diplomate européen. (CG)