Bruxelles, 24/10/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne est toujours favorable à une restructuration 'volontaire' de la dette publique grecque. « Notre préférence porte clairement sur une base volontaire », a déclaré lundi 24 octobre le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Selon lui, les parties intéressées sont « relativement proches d'un accord ».
Les pays de l'Eurozone planchent sur un 2ème sauvetage grec qui prévoit la participation du secteur privé. En juillet, ils tablaient sur une contribution volontaire des investisseurs privés par le bais d'une décote de 21% des titres de dette grecque, soit une enveloppe nette évaluée à 37 milliards d'euros sur la période 2011-2014 (EUROPE n°10424). Le 'haircut' opéré sur les titres grecs sera finalement plus important que prévu dans la mesure où la récession économique en Grèce s'est aggravée (5,5% en 2011) et où les marchés de titres de dette souveraine se sont dégradés après que l'accord a été ficelé.
Selon le rapport de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) sur la soutenabilité de la dette grecque qui a 'fuité' dans la presse, une décote de 50% des titres grecs serait nécessaire pour ramener l'endettement du pays à un niveau de 120% du produit intérieur brut national d'ici 2020. Évalué à plus de 350 milliards d'euros, la dette hellénique a dépassé 160% du PIB en 2011. Selon la 'troïka', une décote de 60% permettrait simplement de maintenir le soutien financier public à la hauteur de la première version du 2ème sauvetage grec, soit 109 milliards d'euros sur trois ans.
Les scénarios sur la table des négociations tableraient sur une décote située dans une fourchette entre 40% et 60%. Les Allemands penchent pour une décote maximale, la France y est réticente. En effet, plus la coupe sera élevée, plus les banques françaises, fortement exposées à la dette grecque, nécessiteront une recapitalisation. Afin d'éviter tout défaut de la Grèce et ses conséquences imprévisibles sur le système bancaire européen, ce processus doit en outre demeurer 'volontaire', souligne la Banque centrale européenne. Les représentants des trésors nationaux et du lobby bancaire international (IIF) négocient sans discontinuer depuis plusieurs jours à Bruxelles.
La Commission est-elle favorable, comme l'Allemagne, à une surveillance budgétaire continue des finances publiques grecques ? Selon le porte-parole de M. Rehn, le travail de la 'troïka' ne se limite pas à une mission d'évaluation trimestrielle. La surveillance est « plus poussée » mais « notre intention n'est certainement pas de mettre un pays, quel qu'il soit, sous tutelle », a-t-il souligné. Il a évoqué les rumeurs, déjà démenties par la Commission européenne, qui faisaient état d'une volonté des États membres d'imposer des réformes à la Grèce à travers la 'task force' mise en place pour stimuler la consommation des fonds structurels européens dans le pays. « Ce n'est juridiquement ni politiquement envisageable », a souligné l'aide de M. Rehn. En revanche, une surveillance économique et budgétaire accrue se mettra en place, « fin 2011 ou au plus tard en janvier 2012 » pour tous les États membres, « y compris l'Allemagne », avec l'entrée en vigueur du Pacte de stabilité et de croissance réformé. (MB)