Bruxelles, 24/10/2011 (Agence Europe) - Des faits, des chiffres et des dates. La Commission européenne a insisté, lundi 24 octobre, sur la nécessité pour les autorités italiennes de présenter « une série de mesures complètes » destinées à affronter la dégradation de la compétitivité économique du pays. Il nous faut « des faits, des chiffres et des dates » sur la façon de stimuler la croissance, contrôler les dépenses publiques et mieux utiliser les fonds européens disponibles, a fait savoir le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Il a souligné le fait que la croissance de la troisième économie de la zone euro italienne a été inférieure à la moyenne de l'Eurozone après la crise financière de 2008. Parmi les secteurs où des mesures sont attendues, il a évoqué « tous les domaines susceptibles de stimuler la croissance », y compris le marché du travail et la justice.
Les Européens s'inquiètent de la capacité du gouvernement italien à mettre en œuvre les réformes adoptées précipitamment à la fin de l'été suite aux tensions financières sur les marchés des dettes souveraines, notamment italienne et espagnole. Ils s'interrogent aussi sur la stratégie du pays pour maîtriser la trajectoire de l'endettement public. Pour 2011 et 2012, la croissance dans les pays devrait rester inférieure à 1%. Proche de 2 000 milliards d'euros, la dette publique italienne avoisine 120% du PIB national.
Rome pourrait annoncer de nouvelles mesures d'ici aux prochains sommets européens mercredi 26 octobre. Sous la pression répétée des pairs, M. Berlusconi a annoncé, dimanche à l'issue du sommet de l'Eurozone, qu'il réfléchissait à la possibilité de réformer les retraites en allongeant à 67 ans l'âge du départ en pension mais sans toucher aux montants (EUROPE n°10480). Un conseil des ministres extraordinaire s'est tenu lundi soir. L'éventualité d'une réforme sous la contrainte à suscité une levée de bouclier en Italie, notamment du parti gouvernemental de coalition la Ligue du Nord. (MB)