Bruxelles, 13/10/2011 (Agence Europe) - C'est pour protéger les intérêts de certains travailleurs licenciés par le constructeur automobile Renault que les socialistes français ont bloqué à la commission des budgets du Parlement européen, mardi 11 octobre, la demande de subvention de 24,5 millions d'euros du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM), indique en substance un communiqué intitulé « la Droite française défend les intérêts des actionnaires de Renault, les socialistes ceux de ses salariés » publié jeudi 13 octobre. C'est une réponse aux accusations formulées notamment par le ministre français chargé des Affaires européennes, Jean Leonetti, mercredi 12 octobre, qui qualifiait d' « aberrante » et « hypocrite » l'attitude des eurodéputés socialistes, suite au vote en commission parlementaire (EUROPE nº 10472). Dans une déclaration commune, jeudi 13 octobre, les députées françaises Pervenche Berès et Estelle Grelier, ainsi que le député belge Frédéric Daerden, tous trois du groupe S&D, s'offusquent d'un tel traitement de ce sujet, estimant que le vote bloquant la subvention du FEM n'était que le résultat d'une absence de volonté de parvenir à un compromis de la part du groupe Renault. En effet, le syndicat français CGT a informé les eurodéputés français que la situation de certains ouvriers (leur nombre varie selon l'interlocuteur de 70 à 1000) était jugée « problématique », car ils avaient accepté une retraite anticipée dans le cadre d'un plan de départ volontaire proposé par le constructeur automobile, mais n'ont finalement pu obtenir une retraite à taux plein du fait de la modification de la législation française en 2010. Ils subiraient de cette manière « une double peine », ne pouvant profiter pleinement de l'accord obtenu en 2009, tout en subissant les contraintes de la nouvelle loi qui a consacré le passage de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Malgré des tentatives de conciliation avant le vote, les députés du groupe S&D à la commission des budgets ont dû faire face à « une position qui n'a pas changé d'un iota » du groupe Renault, indique le communiqué. Provoquant ainsi le rejet de l'aide du FEM. (JK)