Bruxelles, 13/10/2011 (Agence Europe) - La Bulgarie et la Roumanie ne doivent pas être les otages du populisme et le Conseil devrait rapidement se prononcer sur leur adhésion à l'espace de libre-circulation Schengen. Tel est le message adressé, jeudi 13 octobre dans la matinée, par les eurodéputés aux pays membres de Schengen ayant refusé le 22 septembre dernier de donner des garanties à Bucarest et Sofia sur leur demande d'accession.
Très remontés contre cette décision, plusieurs groupes politiques du PE ont déposé une résolution non-contraignante en ce sens, demandant au Conseil de se prononcer « instamment » en faveur de cet élargissement et déplorant également ses promesses non tenues.
En juin dernier à Luxembourg, les ministres de l'Intérieur avaient eux-mêmes reconnu que les deux pays candidats avaient rempli tous les critères techniques pour rejoindre l'espace Schengen et accepté l'idée de prendre une décision en septembre lors d'une autre réunion ministérielle. Décision qui reposait sur une éventuelle accession en deux phases, fin octobre puis en 2012, mais qui n'a pu être prise en raison des réticences publiquement affichées par La Haye et Helsinki, mettant en avant leurs doutes quant à la corruption et au contrôle efficace des frontières extérieures.
Dans leur résolution, les députés ont eux demandé au Conseil de s'en tenir aux règles fixées pour accéder à Schengen, à savoir les critères techniques, et de prendre une décision uniquement sur cette base.
Pour la seconde fois en quelques mois, le PE s'étant déjà prononcé en juin dernier, les eurodéputés ont ainsi estimé que les deux pays candidats étaient prêts à accéder à Schengen, qu'ils avaient fait leurs preuves et s'étaient montrés « des partenaires fiables ». Les députés ont également demandé aux 27 de ne pas changer les règles d'accession, en profitant notamment de la réforme actuelle des règles de Schengen et du mécanisme d'évaluation.
Mercredi soir, lors d'un débat, ce changement de règles « en cours de jeu » avait été sévèrement critiqué par plusieurs députés, dont Renate Weber (ADLE, roumaine). D'autres ont affiché leur « surprise » et leur « déception », à l'image du Maltais Simon Busuttil (PPE) ayant jugé « injustifié » le report de cette accession. La commissaire Cécilia Malmström a quant à elle réaffirmé le soutien de la Commission à leur candidature et appelé à son tour les États membres à se prononcer au plus vite. Et la présidence polonaise, qui considère le dossier comme l'un de ses dossiers prioritaires, a elle aussi promis de s'atteler à trouver un compromis au plus tôt.
Mercredi, les Premiers ministres roumain et bulgare, MM. Boc et Borissov, avaient d'ailleurs demandé au Conseil européen, dans une déclaration commune, de trouver rapidement une solution pour que leurs pays rejoignent Schengen, souhaitant que cette question soit traitée lors du Sommet des 27 du 23 octobre prochain. Mais « rien n'est sûr » à ce stade, indique une source, la question n'étant pas encore formellement à l'ordre du jour.
En attendant, cette demande conjointe des deux Premiers ministres, tout comme la résolution du Parlement européen pourraient ne pas avoir l'impact escompté sur les pays membres les plus réticents à l'entrée de Sofia et Bucarest dans la zone Schengen. « Les Pays-Bas et la Finlande ont dit non » et le PE « avait déjà donné son avis » en juin, poursuit cette source, qui estime donc que cette nouvelle résolution a peu de chances à ce jour d'amener La Haye et Helsinki à revoir leur position. (SP)