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Bulletin Quotidien Europe N° 10473
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/euro

Papandréou, faire de la crise de l'Eurozone une opportunité

Bruxelles, 13/10/2011 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec Georges Papandréou a estimé que la crise de la dette souveraine constitue une opportunité pour changer la Grèce et approfondir la construction européenne, jeudi 13 octobre à l'issue de sa rencontre avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. « Nous pouvons faire de cette crise une opportunité de succès pour la Grèce et l'Europe », a-t-il considéré. Selon lui, le Sommet européen du dimanche 23 octobre devra apporter une « solution exhaustive et durable à la crise dans l'Eurozone » qui comporte « un approfondissement de l'intégration et de la gouvernance économiques et le renforcement du fonds de sauvetage EFSF et du secteur bancaire ». Et sur la Grèce, il faudra prendre des décisions basées sur celles du sommet du 21 juillet.

Fin juillet, les dirigeants de la zone euro ont approuvé les modalités d'un 2ème sauvetage grec qui prévoit sur la période 2011-2014 un soutien public d'environ 110 milliards d'euros et une participation volontaire du secteur privé s'élevant à 37 milliards d'euros (EUROPE n°10424). Le secteur financier s'est dit prêt à accepter une décote d'environ 20% sur les titres de dette grecque. Les turbulences boursières de l'été ayant accéléré la dégradation de la valorisation de ces titres, les Européens ont rouvert ce chantier. Sous impulsion allemande, ils réfléchissent désormais à une participation accrue du secteur privé, qui avoisinerait les 50%. Et peut-être même 60% si l'on en croit les propos du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker sur une chaîne autrichienne, qui a ensuite évoqué « un malentendu ». Or, l'accroissement de la décote des titres grecs augmente le risque de défaut du pays et pèse sur la solidité financière des banques exposées.

M. Papandréou, qui a aussi rencontré M. Juncker, a évoqué l'action de son gouvernement visant à stimuler la compétitivité et l'investissement dans son pays. « La Grèce présente des atouts majeurs, un potentiel qui a été mal géré par le passé », a-t-il considéré. La 'task force' de la Commission européenne a d'ailleurs tenu à Athènes sa première réunion de haut niveau sur l'optimisation de la consommation des fonds structurels en Grèce. Trois domaines sont privilégiés: la croissance et l'emploi, la perception de l'impôt et les réformes horizontales (marché travail, santé publique, justice, administration publique, gestion des déchets).

Feu vert du parlement slovaque au renforcement de la facilité EFSF. Le refus du parlement national d'entériner le renforcement du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF, a fait chuter la coalition gouvernementale slovaque de centre-droit. L'opposition sociale-démocrate de gauche est parvenue à obtenir l'assurance que de nouvelles élections législatives auront lieu en mars prochain, en échange de son soutien à la ratification des décisions du Sommet de l'Eurozone de fin juillet. Un nouveau vote sur le renforcement de l'EFSF, positif cette fois, a eu lieu jeudi 13 octobre. La Slovaquie est ainsi le 17ème et dernier pays de l'Eurozone à accepter une augmentation à 440 milliards d'euros de la force de frappe du fonds européen de sauvetage et une flexibilisation de ses compétences (rachats de dette souveraine de pays en difficulté, prêt conditionnel à un pays pour qu'il recapitalise son secteur bancaire).

Modification du traité. Lors d'une conférence de l'organisation Friends of Europe, le président de la Commission européenne a estimé, jeudi, qu'un changement de traité ne constitue « pas une solution à nos problèmes actuels ». « Nous pouvons être plus ambitieux en matière d'accroissement de la force de frappe de nos instruments sans modifier le traité. Nous pouvons stimuler la croissance sans modifier le traité », a souligné José Manuel Durão Barroso. La création d'euro-obligations visant à mutualiser une partie de la dette souveraine des pays de la zone euro nécessiterait une modification de l'architecture institutionnelle, a-t-il néanmoins reconnu. Le président de la Commission est à Paris, ce vendredi, où il rencontrera le président français Nicolas Sarkozy lors d'une réunion de préparation au Conseil européen du 23 octobre. (MB)

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