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Bulletin Quotidien Europe N° 10467
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/banques

Dexia, la Commission défend la crédibilité des 'stress tests'

Bruxelles, 05/10/2011 (Agence Europe) - Comme en 2010 avec l'effondrement du secteur bancaire irlandais, les déboires de l'institution financière belgo-française Dexia posent une nouvelle fois la question de la crédibilité de l'exercice 2011 des tests de résistance bancaire que l'Autorité européenne de supervision bancaire (EBA) a coordonnés au premier semestre 2011. Selon la Commission européenne, le fait que Dexia ait réussi les 'stress tests' ne remet pas en cause les critères retenus. Simplement, les conditions macro-économiques ont changé depuis la publication en juillet des résultats des tests, avec en particulier une dégradation des marchés de la dette souveraine.

Les 'stress tests' ont été menés avec « une transparence absolue » y compris en matière d'exposition bancaire à la dette souveraine, a déclaré mercredi 5 octobre une porte-parole de la Commission. « La réalité, c'est que la situation s'est détériorée depuis ». La veille, à l'issue du Conseil Écofin, le commissaire chargé du Marché intérieur Michel Barnier n'a pas dit autre chose: « Depuis les 'stress tests', la situation s'est aggravée, voilà la réalité. Nous avons à faire face davantage à un problème de liquidité qu'à un problème de solvabilité. Un bon niveau de capitalisation est essentiel même si ce n'est pas la seule solution ». Les huit banques ayant échoué aux tests et les seize institutions qui les ont passés de justesse mais sont fortement exposées aux dettes souveraines, doivent présenter d'ici mi-octobre leur plan de recapitalisation au superviseur national. Le premier groupe aura jusqu'à fin décembre pour renforcer les fonds propres, le deuxième jusqu'au printemps 2012.

Le commissaire a rappelé que la proposition de directive 'CRD IV', qui intègre l'accord 'Bâle III' du Comité de Bâle sur le renforcement de la quantité et de la qualité des fonds propres bancaires, imposera à « 8300 » banques européennes de lever « 460 milliards d'euros » d'ici 2019 (EUROPE n° 10423). La directive introduit deux seuils de liquidité dont l'un imposera aux banques de détenir en 2015 suffisamment d'actifs liquides et de qualité pour faire face, pendant un mois, à des événements contraires liés aux risques encourus.

Mardi, à l'issue du Conseil Écofin, le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski a indiqué que les ministres européens des Finances avaient fait un tour d'horizon des mesures de prévention et de soutien ('financial backstops') en place dans les États membres. Il a constaté un niveau élevé de satisfaction sur la question. Lors du Conseil Écofin informel de Wroc³aw, les ministres s'étaient interrogés sur la manière d'améliorer les 'stress tests' dans la mesure où ces tests n'avaient pas rassuré les marchés malgré un resserrement des critères retenus (EUROPE n° 10455).

Sur le cas précis de Dexia, la Commission s'attend à ce que les gouvernements français et belge notifient « toute modification substantielle au plan de restructuration » de la banque qu'elle a validé en mars 2010 (EUROPE n° 10088). Il est important que les deux gouvernements traitent cette affaire de façon « coordonnée », a ajouté la porte-parole de l'institution européenne, en rappelant que l'EBA était en contact étroit avec les autorités françaises et belges.

Au Parlement européen, le président de l'EBA Andrea Enria a évoqué une « interconnexion dangereuse » entre le secteur bancaire et la crise de la dette souveraine. « C'est une question majeure qui pourrait se déplacer de Dexia vers d'autres banques; il importe donc de la régler et le plus tôt sera le mieux », a-t-il concédé, rapporte l'agence Reuters. L'EBA a tenu mercredi des discussions confidentielles sur le cas Dexia. De nombreuses banques, parmi lesquelles Dexia, inscrivent leur exposition à la dette souveraine dans une catégorie comptable qui ne les oblige pas à accumuler plus de capital en cas de dépréciation de leur portefeuille. « Nous devons régler cela », a estimé M. Enria.

Un plan européen de recapitalisation ? En forte baisse une bonne partie de la matinée, les cours boursiers sont finalement repartis à la hausse en fin de journée en raison d'affirmations selon lesquelles l'Europe prépare un plan de recapitalisation. « Une vision commune progresse sur la nécessité d'avoir une approche concertée et coordonnée en Europe alors que beaucoup d'éléments sont mis en œuvre dans les États membres », a déclaré M. Rehn au Financial Times, en évoquant « un sentiment d'urgence » parmi les ministres. À Luxembourg, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a également évoqué la possibilité que l'Allemagne réactive son dispositif de crise visant à recapitaliser les banques. Mais la Commission a recadré, mardi, les propos de M. Rehn en précisant que le commissaire avait évoqué le besoin de coordonner au niveau européen les dispositifs nationaux.

En attendant, la Banque centrale européenne (BCE) maintient ouverte sa perfusion au système bancaire. C'est elle qui fournit, de manière illimitée, des liquidités bon marché aux banques qui peinent à se refinancer sur les marchés interbancaires. Cette mesure non conventionnelle est « la plus importante, de loin » que la BCE a prises pour faire face à la crise, a estimé mardi son président Jean-Claude Trichet lors de sa dernière apparition devant les eurodéputés. Ce jeudi, lors de leur réunion mensuelle, les gouverneurs de la Banque de Francfort pourraient étendre de 3 mois à un an la maturité des prêts illimités accordés. (MB)

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