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Bulletin Quotidien Europe N° 10455
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/mÉditerranÉe

Démocratie et développement, des efforts indissociables

Rabat, 19/09/2011 (Agence Europe) - Il n'y aura pas de développement économique sans progrès dans le champ politique et il n'y a pas de démocratie sans institutions démocratiques. La politique méditerranéenne de l'UE devra s'adapter à cette nouvelle donne devenue une exigence depuis les « révolutions arabes » déclenchées en début d'année. La politique méditerranéenne de l'UE et, en premier lieu, l'UpM (Union pour la Méditerranée) sont appelées à se rehausser au niveau du défi nouveau et à se concentrer plus fortement sur le dialogue avec les sociétés civiles. Telles sont les principales conclusions du débat qui a eu lieu du 16 au 18 septembre à Rabat à l'initiative de l'Association marocaine de droit constitutionnel et du club diplomatique marocain, sous l'égide du ministre des Affaires étrangères. Le débat a permis à d'éminentes personnalités politiques et des spécialistes du droit constitutionnel de s'exprimer: parmi ceux-ci, un ancien vice-premier ministre égyptien, d'anciens ministres des Affaires étrangères (Portugal, Tunisie, Mauritanie), le tout nouveau représentant spécial de l'UE pour la Méditerranée, le secrétaire général de l'UpM, Youssef Amrani, et de nombreux juristes et constitutionnalistes.

La rencontre a également donné lieu à l'annonce d'intentions concrètes. Elles ont émané surtout de l'hôte des lieux, le chef de la diplomatie marocaine. Taïeb Fassi Fihri a appelé à un renforcement de l'Accord d'Agadir (qui lie « horizontalement » quatre pays de la rive sud, son pays, la Tunisie, l'Égypte et la Jordanie) en invitant la Libye libérée à s'y rallier aussitôt que possible. Au plan euroméditerranéen, il a souhaité la dynamisation de l'UpM avec la réaffirmation des objectifs énoncés par la déclaration de Barcelone (de novembre 1995), notamment la création d'une Charte euroméditerranéenne pour la démocratie, et la concrétisation des « objectifs de Deauville » (engagement concret aux côtés des pays entrés en démocratie).

« Il n'y a pas de démocratie sans institutions et la première d'entre elles est la constitution ». Se doter de textes fondamentaux est, a affirmé le représentant spécial de l'UE pour la Méditerranée du Sud Bernardino Leon, une nécessité pour toute la région pour que les changements deviennent « irréversibles ». L'UE, a-t-il dit, a la ferme intention d'accompagner les pays qui empruntent cette voie. Il a rappelé les récentes décisions et propositions européennes ainsi que les diverses mesures d'appui direct (une de ces mesures a été de le charger de sa mission de représentant spécial pour la Méditerranée) et la création d'une « task force » spécialisée dont la première réunion aura lieu le 28 septembre (à Tunis ou Bruxelles, le lieu reste en discussion). Pour M. Leon, l'effort principal doit cependant venir des pays eux-mêmes, de toute la région, a-t-il dit en substance, rappelant que l'intégration économique est un puissant moteur de développement. Pour Youssef Amrani, SG de l'UpM, une « opportunité historique » est offerte. « Il y aura besoin de nouveaux outils et de nouveaux acteurs ». Dans une tribune publiée dans un journal français, il appelle à « engager, maintenant, une nouvelle étape ». L'UpM « peut construire des processus originaux d'appropriation en créant avec l'ensemble des parties prenantes (États, institutions internationales, partenaires financiers, sociétés civiles) des plateformes structurées pour développer de grandes initiatives de coopération et d'intégration régionale ». Il y appelle aussi à « veiller à ce que les objectifs et les principes de la nouvelle politique européenne de voisinage de l'UE actuellement à l'examen convergent avec ceux qui guideront la trajectoire de l'UpM ». Luis Amado, ancien chef de la diplomatie portugaise, ne croit pas pour sa part que l'UpM puisse avoir des capacités d'action dans la « situation complexe » actuellement constatée. S'y ajoute le contexte international qui rend imprévisible l'ajustement en cours de la diplomatie mondiale: « La situation devant nous est dangereuse ». Il y ajoute enfin la nécessaire prise en compte des difficultés budgétaires auxquelles fait face l'Europe qui réduisent ses capacités d'action. (FB)

 

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