Wroc³aw, 19/09/2011 (Agence Europe) - Le chemin menant à une taxation des transactions financières dans l'Union européenne est encore long, malgré la ferme intention de la Commission européenne de présenter une proposition législative dans les prochaines semaines, peut-être mercredi 5 octobre. Le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski a en effet déclaré que l'Europe demeurait « très divisée » sur l'opportunité d'une telle mesure a fortiori si elle s'appliquait uniquement en Europe, samedi 17 septembre à l'issue du Conseil Écofin informel.
« Nous savons que c'est difficile », a reconnu le commissaire chargé du Marché intérieur Michel Barnier, en faisant remarquer que le travail de la Commission consistait justement à « réunir un consensus » sur des dossiers aussi épineux. Convaincu du bien-fondé d'une telle initiative, il a estimé qu'une taxation des transactions financières (TTF) était « techniquement facile, financièrement productive, économiquement supportable et politiquement juste ». Selon lui, la proposition que la Commission fera dans « les prochaines semaines », comportera une base d'imposition « large ».
Berlin et Paris mènent la charge des pays favorables à la TTF. Les deux capitales ont déjà officiellement fait part de leurs propositions à la Commission (EUROPE n°10449). « Nous utiliserons toute notre force de persuasion quand la proposition viendra », a promis le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. La Belgique est dans le même camp. Son ministre des Finances, Didier Reynders, a évoqué à Wroc³aw la possibilité d'une taxation uniquement « dans la zone euro » si un accord unanime à Vingt-sept s'avère impossible. Selon lui, il serait utile que les grands argentiers mondiaux discutent d'une telle mesure lors de la réunion du 'G20 Finances', le 23 septembre à Washington. Présent en Pologne où il a mis en garde les Européens contre une contagion de la crise de la dette souveraine à l'ensemble de l'économie mondiale, le secrétaire au Trésor américain Tim Geithner a rejeté l'idée de TTF.
Vu le manque d'appétit pour la taxation des transactions financières qui se dégageait de la réunion de Wroc³aw, le Royaume-Uni n'a même pas eu besoin d'intervenir à Wroc³aw pour réitérer son opposition. Le Luxembourg a mis en garde contre l'impact de mesures unilatérales sur la compétitivité du secteur financier européen. La Banque centrale européenne craint, elle aussi, une délocalisation d'activités financières vers les pays tiers si une TTF était appliquée uniquement dans l'UE. (MB)