Bruxelles, 08/09/2011 (Agence Europe) - Un accord historique de coopération bilatérale ayant pour objectif la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (dite «pêche INN») a été signé mercredi 7 septembre à Washington par Maria Damanaki, commissaire européenne responsable des affaires maritimes et de la pêche, et Mme Jane Lubchenco, administratrice à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Bien que l'Union européenne et les États-Unis collaborent depuis longtemps en matière de gestion des pêches, c'est la première fois qu'un accord de ce type est signé.
L'UE et les USA, qui se placent respectivement au premier et au troisième rang des pays importateurs de produits de la mer (devant et derrière le Japon), ont convenu que les produits de la mer qu'ils importent ne proviendraient pas de la pêche illicite. Au total, la pêche INN entraîne pour les pêcheurs et les collectivités côtières exerçant leurs activités en toute légalité un manque à gagner sur les produits de la mer et leurs dérivés pouvant atteindre jusqu'à 23 milliards de dollars par an.
« La pêche INN est une activité criminelle », a souligné Mme Damanaki. « Il est donc de notre devoir de tout mettre en œuvre pour mettre fin à ces pratiques. C'est exactement ce à quoi tend l'accord signé aujourd'hui. Parce que nous unissons nos forces, ceux qui profitent de cet argent sale auront de plus en plus de mal à passer entre les mailles du filet », a souligné la commissaire.
Mme Lubchenco, qui est également sous-secrétaire au commerce chargée des océans et de l'atmosphère, s'est exprimée en ces termes: « La pêche illicite, non déclarée et non réglementée constitue l'une des plus graves menaces pesant sur la durabilité de la pêche et la biodiversité marine dans nos océans. La mise en place d'une coopération internationale à travers les océans permettra de mieux faire respecter la loi et grâce à cela, nous pourrons faire en sorte que les secteurs de la pêche qui observent la réglementation cessent de voir leurs activités entravées et leurs revenus entamés par la pêche illicite sur le marché mondial ».
Il existe déjà, tant dans l'Union européenne qu'aux États-Unis, un certain nombre de mesures juridiques adoptées dans le cadre de la lutte contre la pêche INN ; citons à titre d'exemple le règlement INN de l'UE et la loi américaine intitulée « High Seas Driftnet Fishing Moratorium Protection Act ». En signant mercredi cet accord, l'UE et les États-Unis se disent prêts à travailler ensemble de manière à mettre en place les instruments qui permettront de lutter le plus efficacement contre la pêche illicite. Par là, ils s'engagent, en tant que membres d'organisations régionales de gestion des pêches et parties à différents traités internationaux, à poursuivre les efforts visant à renforcer la surveillance et à faire respecter les mesures de gestion, mais aussi à utiliser des instruments grâce auxquels les activités illégales menées par les opérateurs de la filière INN cesseront d'être rentables pour ces derniers.
Ce nouvel accord inclut un système d'échange d'informations sur les activités de pêche INN. Il encourage les organisations régionales de gestion des pêches à prendre des mesures de gestion propres à renforcer le contrôle et la surveillance des navires de pêche, ainsi que le respect des règles par ces derniers, dans certaines zones. Il encourage les pays tiers à ratifier et appliquer l'accord du Comité des pêches de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur les mesures du ressort de l'État du port (visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche INN) et promeut une exploitation durable des ressources halieutiques qui préserve la biodiversité marine. (L.C.)