Sopot, 29/07/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires européennes des pays de l'UE se sont montrés divisés, vendredi 29 juillet à Sopot, sur les propositions de la Commission sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020. Plusieurs pays ont estimé que les propositions constituent une bonne base de discussion, tandis qu'un groupe de pays ou figurent notamment le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, a réaffirmé sa volonté d'un gel du budget 2014-2020. Ces trois pays demandent à l'UE de se montrer crédible compte tenu des difficultés économiques que traversent la plupart des États membres.
Le ministre britannique des Affaires européennes, David Lidington, a estimé que l'augmentation des dépenses de 5% demandée par la Commission pour le cadre financier 2014-2020 (à 1083 milliards d'euros) n'est pas envisageable dans cette période de difficulté économique. Il veut « au moins un gel » des dépenses et refuse tout compromis. David Lidington demande à la Commission de « reconnaître que ce n'est pas seulement l'opinion des gouvernements nationaux, mais aussi celle des contribuables européens. Ils réclament une discipline financière ».
« C'est le budget le plus spectaculaire que l'on ait jamais vu », a dit Werner Hoyer, le ministre allemand délégué aux Affaires européennes. Selon lui, la Commission est venue avec une proposition « très ambitieuse, il est nécessaire de la rendre plus réaliste ».
La France, elle, demande plus de rigueur et de transparence. Elle veut une évaluation de toutes les politiques européennes pour connaître les secteurs les plus porteurs sur lesquels miser, « à l'image de la politique agricole commune qui a été évaluée quatre fois », a rappelé Jean Leonetti, le secrétaire d'État français aux Affaires européennes. Il se demande dès lors pourquoi ne pas réaliser cette évaluation s'agissant des autres politiques. « Peut-être qu'au lieu de dépenser plus, on peut dépenser mieux », s'est-il interrogé. « Comment expliquer que, pour diminuer le déficit, nous travaillons sur la diminution des dépenses publiques nationales d'un côté et que de l'autre côté, on les augmente. Pour la France, la contribution pour 2020 devrait augmenter de 5 milliards d'euros », a signalé Jean Leonetti. Selon lui, une nouvelle ère européenne est en train de s'écrire: « Si l'UE a été, à un moment donné et les faits le prouvent aujourd'hui, généreuse mais naïve, elle doit aujourd'hui rentrer dans une époque de réalisme. Dire qu'on va faire un budget comme si la crise était une parenthèse, c'est une erreur fondamentale ».
Au contraire, les députés européens reprochent à ces pays une vision eurosceptique à court terme, alors que les prochaines perspectives financières courent jusque 2020.
De son côté, le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, s'est félicité de la tournure qu'ont prise les choses, malgré quelques voix discordantes. Le débat n'a pas tourné court, comme il y a 7 ans. « 24 délégations sur 27 ont trouvé que la proposition comporte de bonnes bases pour discuter », selon le commissaire. Il a dit avoir reçu « de bons signaux de Paris et Madrid », et a même affirmé que « la position officielle allemande le satisfait » et qu'il « ne comptait pas sur le Royaume-Uni » dans ce débat.
Selon des sources à la Commission, le Royaume-Uni a rejeté le cadre financier 2014-2020 tel que présenté par la Commission. La Suède aurait reproché à la Commission une mauvaise structure des dépenses. La Hongrie se serait montrée très critique sur le budget à la baisse qui lui reviendrait au titre de la politique de cohésion 2014-2020. (V.W.)