Bruxelles, 29/07/2011 (Agence Europe) - Une semaine après le sommet de l'Eurozone qui a arrêté les modalités du deuxième sauvetage de la Grèce, le répit observé sur les marchés des dettes souveraines des pays de la zone euro laisse de nouveau la place à l'inquiétude des investisseurs (EUROPE n°10424). L'agence de rating américaine Moody's a placé sous surveillance, vendredi 29 juillet, la notation de l'Espagne (Aa2) en vue d'une possible dégradation. Elle justifie cette décision par la hausse des coûts de financement de l'État espagnol. Autre raison mise en avant, la faiblesse de l'économie espagnole où, malgré les réformes structurelles menées, le chômage demeure élevé. Moody's pointe aussi la détérioration des finances publiques régionales, plusieurs communautés espagnoles ayant annoncé qu'elles ne seront pas en mesure de respecter la limite d'endettement que leur a imposée le gouvernement. « Ce n'est pas une bonne nouvelle », a reconnu vendredi la ministre espagnole Elena Salgado à la radio nationale. Dans une lettre adressée aux investisseurs, l'agence espagnole de la dette dénonce la vision court-termiste de l'agence américaine de nature à engendrer un cercle vicieux. « Nous aimerions rappeler aux investisseurs que le coût d'emprunt moyen de l'Espagne en 2011 est jusqu'ici de 3,6 % et que le bas ratio de la dette publique sur le PIB nous place au même niveau que les plus forts pays européens notés AAA », souligne-t-elle. Le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a annoncé le même jour la tenue, dimanche 20 novembre, d'élections législatives anticipées. L'Espagne s'est fixé pour 2011 comme objectif de réduire le déficit public à 6% du PIB contre 9,2% en 2010.
Jeudi, les taux d'intérêt fixés lors de l'émission de près de 8 milliards d'euros d'obligations italiennes à moyen et long terme ont de nouveau bondi. La prime exigée pour des titres à dix ans s'est notamment élevée à 5,8% contre 4,94% lors de la dernière émission similaire effectuée fin juin. Et ce malgré le plan d'austérité de 47 milliards d'euros d'ici 2014 que Rome a adopté début juillet afin de ramener le déficit national sous le seuil des 3% du PIB dès 2012. Le ministre des Finances Giulio Tremonti est même éclaboussé par un scandale visant des entreprises de construction du pays qui ont remporté des marchés publics en échange de faveurs dont aurait bénéficié un de ses proches collaborateurs.
En Grèce, les discussions ont débuté entre les autorités et le secteur privé sur la concrétisation de la participation privée aux coûts du deuxième sauvetage grec qui pourrait rapporter 54 milliards d'euros d'ici 2014. « Nous souhaitons que l'opération commence immédiatement et que sa durée soit la plus courte possible », a indiqué le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos, rapporte l'AFP. À noter également que la troïka (Commission, BCE, FMI) a entamé à Lisbonne sa première mission de suivi du programme d'austérité que Lisbonne met en œuvre en échange d'une aide financière de 67,5 milliards d'euros. (M.B.)