Bruxelles, 29/07/2011 (Agence Europe) - Favoriser le financement privé et faciliter le soutien public à l'entrepreneuriat social. Telles sont les deux grandes tendances qui se dégagent du projet d'avis exploratoire du Comité économique et social européen (CESE) relatif au financement des entreprises sociales. Un projet qui a été présenté lors d'une audition publique, jeudi 28 juillet, et à laquelle ont été conviés les acteurs de la société civile (EUROPE nº10429). Les résultats de ces débats devraient être pris en compte par la Commission européenne qui prévoit, d'ici la fin de l'année, de publier une communication intitulée « l'initiative sur l'entrepreneuriat social ». En constatant qu'il « manque aujourd'hui un instrument financier spécialement adapté » à l'entreprise sociale, le projet du CESE tente de proposer quelques pistes qui peuvent être regroupées en deux ensembles principaux. Tout d'abord, « afin d'encourager le développement d'un marché d'investissement social », le CESE propose de stimuler l'émergence de « fournisseurs de capitaux » (dit intermédiaire) spécifiquement destinés à fournir une aide quant à la gestion de l'entreprise et la recherche de capitaux, les exemples cités étant le Social Enterprise Coalition, Unlimited, Common Capital et Charities Aid Foundation. Des initiatives, souvent bancaires, qui créent des « fonds d'investissements sociaux » devraient également être mieux soutenues, estime le CESE. Le deuxième ensemble est basé sur la participation publique, notamment à travers des « capitaux hybrides » qui incluraient « une composante de subvention pour la phase de démarrage » et « d'autres formes de prêts à faibles taux d'intérêts », ainsi qu'un financement spécifique dans le cadre des Fonds structurels. Toutefois, en ce qui concerne ce dernier point, le représentant de la Commission, M. Vallens (coordinateur politique à la DG marché intérieur et services) a souligné que « les Fonds structurels ne peuvent servir que comme levier, car ils supposent une participation publique ou privée déjà existante au niveau national ». C'est peut-être le point essentiel concernant le financement de l'entrepreneuriat social. Pour que les entreprises sociales puissent bénéficier d'un environnement propice à leur développement ou pouvoir prétendre aux ressources du budget européen, les choix politiques des États membres sont essentiels. Et ceux-ci divergent fortement, comme l'a démontré M. Chavez du Centre international de recherches et d'information sur l'économie publique, sociale et coopérative (CIRIEC). Un autre problème, qui touche tant le financement public que privé, est le fait que « malgré une bonne réputation, l'entrepreneuriat social est perçu comme financièrement risqué, peu profitable », a remarqué M. Hinrichs de la société Vivatus GmbH. Il en cite trois raisons fondamentales. La première est liée au « problème de socialisation », les milieux banquiers et financiers étant peu habitués à collaborer avec les entrepreneurs sociaux. Ensuite, les investisseurs redoutent de se mettre dans une position où « ils sentent qu'ils pourraient être pris au piège en cas de difficultés, ne pouvant alors licencier ou permettre la faillite d'une entreprise sociale sans endommager leur image ». La dernière raison est celle de l'absence de garantie quant à la viabilité, perçue comme plus risquée que pour une entreprise classique, durant la première année. Ayant conscience de ces difficultés, le CESE a exprimé dans le projet le souhait que la Commission lance « une comparaison à l'échelle de l'UE des solutions de financement public et des accords spécialement adaptés à ces entreprises ». (J.K.)