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Bulletin Quotidien Europe N° 10430
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/commerce

Adhésion de la Russie à l'OMC, discussions au point critique

Bruxelles, 29/07/2011 (Agence Europe) - Les négociations d'adhésion de la Russie à l'OMC se sont intensifiées ces dernières semaines à Genève, mais plusieurs questions importantes doivent être résolues. Outre l'écueil de la Géorgie, avec laquelle Moscou doit s'accorder, avec la médiation de la Suisse, sur la mise en œuvre de structures douanières communes en Abkhazie et en Ossétie du Sud, la Russie doit aussi régler les questions des quotas d'importation de viande, de son régime d'investissement dans le secteur automobile, et de ses mesures sanitaires et phytosanitaires. Barroso et Poutine se sont entretenus cette semaine.

À la veille de la pause estivale, les autorités russes se disent confiantes que la fin des négociations sur l'adhésion de la Russie à l'OMC pourra coïncider avec la réunion du Conseil général de l'organisation multilatérale du 14 au 16 décembre prochains. « C'est un plan technique, proposé par le directeur du groupe de travail à l'OMC, Stefán Jóhannesson », précise le négociateur en chef russe à Genève, Maxim Medvedkov, cité par l'agence russe RIA Novosti. Une fois les pourparlers achevés, ce groupe de travail préparera tous les documents nécessaires qu'il transmettra par la suite au Conseil général de l'OMC.

Pour M. Jóhannesson, les discussions sur l'adhésion de la Russie à l'OMC ont atteint un « point critique » pour savoir si elles peuvent être conclues cette année ou un peu plus tard. Si les négociations se sont intensifiées ces dernières semaines, plusieurs questions doivent encore être résolues. Mais selon l'ambassadeur d'Islande, la conclusion des négociations avec Moscou est techniquement possible cette année. Les 153 pays membres devront à cette fin adopter le paquet final des accords avec la Russie fin novembre au plus tard.

Deux dossiers importants restent en suspens: d'une part, les mesures sanitaires et phytosanitaires russes, souvent mises en avant pour bloquer l'importation de produits agricoles et de marchandises ; d'autre part, le régime russe pour l'investissement dans le secteur automobile. Pour protéger un marché automobile prometteur, Moscou a en effet mis sur pied des mesures - comme les réductions de taxes à l'importation pour les pièces détachées - pour pousser les grands groupes mondiaux à fabriquer sur place en partenariat avec des firmes russes, en échange du développement ou de la construction de sites de production en Russie avec des capacités de production d'au moins 300 000 voitures par an d'ici 2020, et de l'utilisation d'une quantité significative de pièces produites sur place. Vladimir Poutine faisait part mi-juillet de « discussions difficiles » avec la Commission européenne et l'administration américaine sur le processus d'admission à l'OMC. Le Premier ministre russe et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se seraient, de source russe, entretenus par téléphone cette semaine sur cette question, et sur l'ensemble du dossier.

Moscou doit par ailleurs lever un autre obstacle de taille: boucler à l'OMC un accord bilatéral sur l'accès au marché des biens et services avec la Géorgie, comme elle l'a déjà fait avec plus d'une soixantaine de pays membres. Or, Tbilissi pose comme préalable à son aval à l'adhésion russe la légalisation de postes de douane en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux provinces rebelles géorgiennes reconnues par Moscou comme des États indépendants après la guerre de 2008. Mais la Russie peut à cette fin compter sur le soutien de la Suisse, qui s'emploie depuis plusieurs mois dans un rôle de médiation. (E.H.)

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