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Bulletin Quotidien Europe N° 10422
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/euro

Plus ou moins d'Europe pour sauver la monnaie unique ?

Bruxelles, 19/07/2011 (Agence Europe) - Les leaders de la zone euro se réuniront de manière extraordinaire, jeudi 21 juillet à la mi-journée, avec pour objectif d'arrêter les modalités d'un deuxième plan de sauvetage à destination de la Grèce qui prévoira une contribution du secteur privé. Ils devraient aussi s'interroger sur les mesures à prendre afin d'enrayer le risque de contagion de la crise de la dette souveraine à des pays situés au cœur de la zone euro, comme l'Espagne et l'Italie.

Alors que les coûts de refinancement des obligations espagnoles et italiennes battent de nouveaux records et que les résultats des 'stress tests' bancaires peinent à rassurer les investisseurs sur la solidité du secteur bancaire, les Européens ont du mal à transmettre un message d'unité sur leur volonté de tout faire pour garantir la stabilité de la monnaie unique. Selon certains observateurs, les pays au cœur de la construction européenne sont désormais à la croisée des chemins. Le temps serait venu de trancher: faut-il plus d'Europe pour sortir l'euro de la zone de turbulences ou faut-il moins d'Europe pour que les pays les plus en difficulté récupèrent leur autonomie monétaire ? Plus d'Europe passerait notamment par un renforcement des outils d'intervention et de la force de frappe du fonds de sauvetage EFSF, une coordination accrue des politiques économiques des Dix-sept, voire la création d'un marché d'euro-obligations que l'Italie, le Luxembourg et, récemment l'Irlande, appellent de leurs vœux. Moins d'Europe signifierait un abandon de l'euro pour la Grèce, avec les conséquences imprévisibles d'une telle situation. Une option que les Dix-sept refusent d'évoquer.

Tous les regards sont tournés vers l'Allemagne, la principale économie de la zone sans qui aucune décision ne saurait être prise. Confrontée à une opinion publique réticente à l'aider de mettre à nouveau la main au portefeuille, la chancelière allemande Angela Merkel est critiquée au sein de son propre parti pour sa réticence à adopter une posture résolument pro-européenne. Faisant monter les enchères, elle a dit qu'elle ne se rendrait à Bruxelles ce jeudi qu'en cas de résultat probant.

Depuis mai 2010, la Grèce fait l'objet d'un premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros, dont 80 milliards issus de prêts bilatéraux des pays de la zone (sauf la Slovaquie) et 30 milliards du FMI. Avec la 5ème tranche de 12 milliards, 65 milliards d'euros ont été versés à ce stade. Or, malgré les mesures d'ajustement drastiques que le pays met en œuvre en échange de cette aide, la réduction du déficit ne suit pas la trajectoire fixée (7,5% du PIB en 2011), l'endettement public s'aggrave (la Commission prévoit une dette atteignant 157,7% du PIB en 2011 et 166,1% en 2012), tandis que le pays est toujours plongé dans une récession aiguë.

D'une ampleur équivalente au premier, un plan triennal pour la Grèce s'avère nécessaire. « Nous voulons une solution qui rende notre dette durable, garantisse les besoins financiers de la Grèce jusqu'à mi-2014 quand nous retournerons sur les marchés ainsi que la liquidité des banques grecques », a déclaré le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos à l'agence AP. Sur insistance de l'Allemagne soutenue par la Finlande et les Pays-Bas, ce programme sera en partie financé par des prêts de l'EFSF aux taux d'intérêt diminués à la maturité allongée, et par le programme de privatisation grec censé rapporter 50 milliards d'euros d'ici 2015. Surtout, il devrait inclure une participation du secteur privé (banques, assurances, fonds de pension). C'est sur ce point que les discussions achoppent depuis des semaines. En contrepartie, la Grèce a adopté fin juin un nouveau paquet de mesures d'austérité évalué à 28 milliards d'euros (EUROPE n°10408).

Participation du secteur privé. Plusieurs pistes sont évaluées pour faire participer 'volontairement' l'industrie financière à une partie du 2ème plan grec. Le ministre français des Affaires européennes Jean Leonetti a reconnu qu'une taxe bancaire était envisagée. Ce prélèvement aurait l'avantage de ne pas provoquer un défaut, même partiel du pays. L'EFSF pourrait également prêter de l'argent à la Grèce pour que le pays rachète lui-même ses titres de dette dépréciés sur les marchés, une façon de réduire son stock de dette de manière conséquente. La semaine dernière, l'Eurogroupe a souhaité que soit analysée la faisabilité pour l'EFSF d'intervenir directement sur le marché secondaire pour racheter des obligations grecques (EUROPE n°10417). Une autre option, promue par Berlin, concerne un rééchelonnement à travers un rallongement (sept ans) des titres grecs arrivant à maturité d'ici 2014. Les banques françaises suggèrent quant à elles de réinvestir une partie des obligations helléniques arrivant à échéance dans des titres de plus grande maturité.

Un temps, les Européens ont privilégié les solutions qui n'entraîneraient pas de défaut de la Grèce. Conscients désormais de la nécessité de réduire le stock de dette grecque, ils pourraient être tentés de retenir une solution ambitieuse quitte à provoquer la faillite temporaire de la Grèce. Fermement opposée à cette idée, la BCE les a mis en garde: elle n'acceptera plus les titres grecs que les banques grecques lui fournissent comme garantie en échange de ses liquidités bon marché. Il reviendrait à la Banque centrale grecque de prendre le relais. Ou aux pays de la zone euro de maintenir le système bancaire grec sous perfusion. Mais cette option apparaît comme la plus coûteuse, selon un document préparatoire du sommet cité par Reuters. (M.B.)

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