Bruxelles, 19/07/2011 (Agence Europe) - Près de sept milliards d'euros vont être injectés par la Commission européenne pour stimuler l'innovation à travers la recherche, a annoncé la commissaire en charge de la recherche, de l'innovation et de la science Máire Geoghegan-Quinn, mardi 19 juillet. C'est à ce jour le plus important paquet financier octroyé dans le cadre du septième programme-cadre de recherche de l'UE (PCRD7). Il est supérieur de 9% à celui de l'année précédente. L'ambition de la Commission est que « l'Europe témoigne à nouveau de sa détermination à placer la recherche et l'innovation en tête de ses priorités politiques pour stimuler la croissance et l'emploi », a affirmé la commissaire Geoghegan-Quinn. Et concernant justement l'emploi, la Commission prévoit la création d'environ 174 000 emplois dans les prochaines années et près de 450 000 emplois sur quinze ans grâce à ce stimulus. Selon son estimation, cela devrait par ailleurs engendrer près de 80 milliards d'euros de croissance supplémentaire. Plus de 16 000 entités doivent bénéficier de ce soutien, dont des universités, centres de recherche et entreprises. Les PME vont être « particulièrement visées » avec l'octroi de près d'un milliard d'euros, pour celles qui placent la recherche et l'innovation comme leur priorité.
C'est à partir de mercredi 20 juillet que les appels à propositions en vue d'obtenir une subvention seront publiés. La Commission prévoit d'allouer les fonds aux projets individuels durant l'année 2012. Plusieurs domaines de recherche sont privilégiés comme l'énergie, la sécurité alimentaire, le changement climatique et le vieillissement de la population, car ce sont les « plus grands problèmes de notre temps », selon la commissaire. Et pour ce dernier dossier, venant de deux fonds distincts (pour la recherche sur la santé et pour le développement des technologies de l'information et des communications - TIC), près de 460 millions d'euros vont être alloués pour favoriser le développement de programmes de recherche pour la prise en charge d'une population vieillissante. Quant au reste du fonds consacré aux TIC, à savoir près de 1,16 milliard d'euros, il va servir à soutenir « des avancées essentielles en matières d'infrastructures de réseau et de service, de nano- ou microsystèmes, de photonique et de robotique, de contenus numériques et de technologies linguistiques » et, finalement, de « l'efficacité énergétique », indique un communiqué de la Commission. La recherche liée aux nanotechnologies sera aussi soutenue par un fonds de 488 millions d'euros, alors que ce sont 3 milliards d'euros qui sont consacrés à l'ensemble des technologies numériques. Sont ciblées les usines du futur, les voitures à carburant alternatif et la construction de bâtiments selon une approche de développement durable.
Le secteur de l'environnement est aussi privilégié à travers plusieurs autres enveloppes. Ainsi, ce sont 265 millions d'euros qui sont réservés aux programmes qui traitent du changement climatique, de la diminution de la biodiversité et d'une meilleure utilisation des ressources naturelles. Ensuite, un budget de 307 millions d'euros est consacré à la « bioéconomie » pour favoriser les « bioressources durables » et l'amélioration de la sûreté alimentaire. Lutter contre la pollution urbaine (sous toutes ses formes) est l'objectif de deux enveloppes, de 40 et 313 millions d'euros. La première est réservée aux projets de « villes intelligentes », à savoir la rationalisation de l'utilisation des énergies et une meilleure offre des services de transport public. Quant à la deuxième, elle doit encourager des « solutions de transport et de mobilité moins polluantes, plus sûres et plus efficaces », indique la Commission.
En dehors de cibler des secteurs entiers, le nouveau appel à propositions du PCRD7 tente également d'encourager la recherche et l'innovation à travers les individus, en décernant notamment un nouveau prix de l'UE « pour récompenser des femmes innovatrices » ou en ciblant des chercheurs qui ont déjà prouvé l'excellence de leurs travaux en vue de « développer les talents européens » et mieux concurrencer des États comme les États-Unis ou la Chine, a déclaré la commissaire Geoghegan-Quinn. Le Conseil européen de la recherche (CER) sera ainsi en mesure de leur attribuer près de 1,6 milliard d'euros.
Le CER est regardé comme l'outil principal pour faire de l'Europe une terre d'accueil pour les chercheurs étrangers et lutter ainsi contre la « fuite des cerveaux ». Par ailleurs, afin d'améliorer le passage du stade expérimental à la commercialisation, la Commission met en place un système de « validation de concept ». Tout comme elle favorise la coopération entre le monde académique et les entreprises en mettant à disposition 20 millions d'euros pour un projet des « doctorats industriels européens », venant d'un budget de 900 millions d'euros. Ce dernier, intitulé « actions Marie Curie », vise à faire bénéficier près de 10000 chercheurs d'une aide financière pour leurs permettre d'avancer dans leur carrière. La Commission favorisera également le regroupement des chercheurs qui travaillent sur des projets similaires à travers une « subvention du CER aux synergies ». (J.K.)