Bruxelles, 19/07/2011 (Agence Europe) - Le changement climatique planétaire n'est pas seulement une question environnementale évidente dont les effets sont déjà à l'œuvre, mais aussi une question de développement et un défi sécuritaire majeur, nécessitant que l'UE se dote d'une véritable diplomatie climatique intégrant ces trois volets, ont affirmé lundi 18 juillet les ministres des Affaires étrangères de l'UE.
Les conclusions unanimes adoptées par le Conseil que présidait Catherine Ashton invitent la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la sécurité et la Commission européenne à poursuivre la réflexion politique sur ces trois aspects et à prendre également en compte la sécurité énergétique pour affiner cette diplomatie. Dans l'intervalle, l'échec de Copenhague aidant, le Conseil juge que le moment est venu de « multiplier les initiatives » de diplomatie climatique à tous les niveaux et avec tous les partenaires ou groupes de pays clés pour donner plus de poids à la voix et aux activités de l'UE au niveau international, notamment en vue de la conférence onusienne de Durban (COP 17, 28 novembre - 9 décembre).
Si le changement climatique doit être abordé sous l'angle de ses répercussions importantes sur la sécurité, c'est qu'il agit comme un « multiplicateur de menace en ce qu'il exacerbe les tensions sur les prix des terres, de l'eau, des denrées alimentaires et de l'énergie, et est source de pressions migratoires et de désertification. Il constitue une menace pour la croissance, la prospérité et la stabilité au niveau mondial », précise le Conseil. Pour prévenir, plutôt que guérir, les 27 estiment que l'UE doit agir dès à présent pour « contribuer à réduire les risques systémiques résultant du changement climatique avant qu'ils ne déclenchent des crises » et la principale solution consiste à élaborer un futur cadre global mondial, avec la participation de toutes les grandes économies pour maintenir la hausse des températures à la surface de la planète en dessous de 2° Celsius par rapport à l'ère préindustrielle - objectif que poursuivent les négociations climatiques internationales - mais aussi de s'orienter vers une économie sobre en carbone « en s'appuyant sur des mesures prises au niveau multitatéral et national ». Le Conseil souligne aussi que l'adoption de mesures énergiques en faveur du climat et le développement économique vont de pair. (A.N.)