Bruxelles, 19/07/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a donné mardi 19 juillet son agrément pour cinq ans à sept organes de certification chargés d'attester de la durabilité des carburants verts importés dans l'UE qui, une fois certifiés, pourront être commercialisés dans tous les États membres.
En 2008, l'UE s'est fixé l'objectif à l'horizon 2020 qu'au moins 10% des carburants consommés dans le secteur des transports de l'UE seront issus d'énergies renouvelables, dont les biocarburants, pourvu que ces derniers satisfassent à une série d'exigences de durabilité. Pour bénéficier d'un soutien public ou d'une comptabilisation aux fins de la réalisation des objectifs nationaux obligatoires en matière de renouvelables, les biocarburants utilisés dans l'UE, qu'ils soient issus d'une production locale ou importés depuis des pays tiers, ne peuvent être produits dans des zones présentant une grande valeur pour la biodiversité, telles que les zones protégées, ni dans des zones renfermant des quantités importantes de carbone, telles les forêts et tourbières. En pratique, cela signifie que les biocarburants produits à partir de cultures sur des terres auparavant occupées par des forêts tropicales ou par des prairies naturelles avec un écosystème unique ne peuvent être considérés comme durables. En outre, pour être considérés comme durables, les biocarburants devront générer, sur toute la chaîne de la production, 35% d'émissions de CO2 en moins que les carburants fossiles, cet objectif devant être relevé à 50% à l'horizon 2017, voire à 60% en 2018.
Les entreprises productrices de biocarburants peuvent prouver la conformité de leurs produits aux exigences de durabilité prévues dans la directive de 2009 sur les renouvelables, soit dans le cadre des systèmes nationaux, ou en s'affiliant à un mécanisme volontaire de certification. Tout organe volontaire de certification est reconnu, pour une période de cinq ans, par la Commission, qui aura vérifié auparavant qu'il couvre de manière satisfaisante les exigences de durabilité.
Pour s'assurer que les forêts tropicales et les tourbières riches en carbone ne deviennent pas des plantations de palmiers à huile et de cannes à sucre, et afin de garantir que les biocarburants permettent, par rapport aux carburants fossiles, de réelles économies d'émissions de gaz à effet de serre, l'exécutif européen a ainsi donné mardi son agrément pour cinq ans à sept mécanismes volontaires de certification - dont certains sont issus de partenariats avec l'ONG environnementaliste WWF, d'autres sont plus étrangement liés à des producteurs. Il s'agit des mécanismes suivants: - ISCC, un mécanisme financé par des fonds publics allemands pour tous les types de biocarburants; - Bonsucro EU, une initiative pour les biocarburants à base de sucre de canne, principalement axée sur le Brésil; - RTRS EU RED, une initiative pour les biocarburants à base de soja, axée principalement sur l'Argentine et le Brésil ; - RSB EU RED, une initiative concernant tous les types de biocarburants; - 2BSvs, un mécanisme mis au point par des producteurs français et couvrant tous les types de biocarburants; - RBSA, un mécanisme mis en place par la firme Abengoa pour sa chaîne d'approvisionnement ; - Greenergy, un mécanisme mis en place par la société Greenergy pour l'éthanol brésilien obtenu à partir de sucre de canne. D'autres organes certificateurs pourraient être reconnus prochainement. (E.H.)