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Bulletin Quotidien Europe N° 10407
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/grÈce

L'Europe retient son souffle

Bruxelles, 28/06/2011 (Agence Europe) - Les Européens font pression de tout leur poids sur le parlement grec pour qu'il adopte, ce mercredi, la stratégie budgétaire 2011-2015 préconisée par le gouvernement de Georges Papandréou et, jeudi, des mesures additionnelles d'austérité de 28 milliards d'euros. Ce vote crucial est la condition qu'ils imposent au versement d'une aide financière immédiate de 12 milliards d'euros qui permettrait au pays d'honorer, en juillet, ses engagements financiers et à la finalisation d'un deuxième plan d'aide à moyen terme censé donner à Athènes le temps nécessaire pour assainir ses finances publiques et retrouver le chemin de la croissance économique. À l'unisson, les Européens rejettent l'idée d'un 'plan B' véhiculée dans la presse, au cas où le parlement grec rejetterait les mesures impopulaires et pour éviter une banqueroute de la Grèce aux conséquences aussi graves qu'incalculables. Avec une réussite limitée sur les protagonistes: le principal parti d'opposition continue de rejeter les appels à l'unité nationale, alors que la droite apparaît autant responsable de la situation actuelle que le pouvoir en place, les députés socialistes ont toutes les peines à rester soudés et la population grecque manifeste sans relâche contre une cure d'austérité accrue.

« Il n'y a pas de plan B », a martelé José Manuel Durão Barroso, mardi 28 juin lors d'un débat au Parlement européen sur les résultats du récent Sommet européen (EUROPE n°10405). Selon le président de la Commission européenne, ceux qui suggèrent une alternative, à travers la sortie de la Grèce de l'Eurozone, « mentent simplement » et « seront responsables d'une catastrophe » pour les finances publiques grecques car ce sont les mêmes qui refusent de prêter de l'argent à Athènes. Le seul plan, c'est celui qu'ont négocié les autorités grecques et la troïka (UE, BCE, FMI), a souligné M. Barroso. Pour le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, « même sans l'Europe, la Grèce devrait consolider ses finances publiques et faire des réformes » douloureuses. À cause de « la fraude fiscale », les citoyens grecs n'ont pas le sentiment que les mesures préconisées soient justes et équitables, a-t-il toutefois reconnu. Et de prévenir: « Les heures qui viennent seront décisives pour le peuple grec, l'Eurozone et même la stabilité économique mondiale ». Dans un communiqué, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn est aussi ferme: « À ceux qui spéculent sur d'autres options, laissez-moi dire clairement ceci: il n'y a pas de plan B afin d'éviter le défaut. La seule façon d'éviter la faillite immédiate implique que le parlement grec endosse le programme économique révisé (qui) inclut à la fois une stratégie budgétaire à moyen terme et le programme de privatisation ».

Dire aux Grecs, à la veille d'un vote capital pour la poursuite de la stratégie européenne de lutte contre la crise de la dette souveraine, qu'ils aideront la Grèce quel que soit le résultat du vote du parlement grec irait à l'encontre de la pression que les Européens exercent sur la Grèce pour qu'elle avale l'amère pilule de l'austérité. La presse économique a néanmoins fait état de discussions réclamées par l'Allemagne sur un plan B. Les propos du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, dans l'hebdomadaire allemand Bild am Sonntag, selon lequel il convient de se préparer à « n'importe quelle éventualité », ont mis la puce à l'oreille. Sans oublier que les Dix-sept répètent inlassablement qu'ils feront tout pour sauvegarder la stabilité de la zone euro. Un vote positif du parlement grec, même à une courte majorité, permettrait de gagner du temps.

Au cours du débat au Parlement européen, plusieurs eurodéputés, qu'ils soient pro-européens comme le président du groupe socialiste l'Allemand Martin Schulz ou eurosceptiques comme le président du groupe ELD le Britannique Nigel Farage, ont interpellé M. Barroso et M. Van Rompuy sur ce que l'Europe fera en cas de rejet des mesures préconisées par le parlement grec. Une question qui n'a pas trouvé de réponse. (M.B.)

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