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Bulletin Quotidien Europe N° 10407
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/jai

Les principaux groupes du PE très vigilants sur la réforme de Schengen

Bruxelles, 28/06/2011 (Agence Europe) - Les chefs des groupes politiques du PE se veulent particulièrement vigilants sur la réforme à venir de la gouvernance de l'espace Schengen, prévue pour le mois de septembre, certains menaçant déjà de ne pas se rallier à certaines des mesures envisagées, en particulier la clause de sauvegarde permettant de rétablir des contrôles aux frontières internes des États membres. Ce message a été livré mardi aux présidents du Conseil et de la Commission, MM. Van Rompuy et Barroso, à l'occasion d'une conférence extraordinaire des présidents de groupe consacrée aux résultats du Sommet des 23 et 24 juin.

Lors de ce Sommet, les 27 sont convenus à la fois de travailler à renforcer les frontières externes de l'UE, à travers l'agence Frontex notamment, et, dans le cas où un État membre de Schengen manquerait à son devoir sur sa partie de frontières communes, de mettre en place un mécanisme de sauvegarde spécifique, incluant justement la réintroduction de contrôles, de manière temporaire. Une proposition dans ce sens a été demandée à la Commission.

Une réforme qui ne va cependant pas de soi pour certains groupes politiques. Pour Martin Schulz, chef de file du S&D au PE, le Sommet européen n'a pas vraiment dissipé les questions, le député allemand déplorant le fait « que le Conseil n'a pas d'approche cohérente » sur le sujet, entre, par exemple, la future présidence polonaise qui s'est engagée à défendre à tout prix le principe de la libre-circulation et « le président français qui dit, lui, qu'il faut justement contrôler cette libre-circulation ». Pour M. Schulz, sur Schengen actuellement, « tout le monde voit midi à sa porte ».

Pour Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE, cette réforme de Schengen comprend en tout cas en elle le risque de la « désintégration de l'UE », a-t-il dit mardi. « Je ne comprends rien » à cette demande du Conseil, a-t-il ajouté par ailleurs, M. Verhofstadt rappelant qu'à ce jour les États membres peuvent déjà rétablir des contrôles à leurs frontières nationales, en cas de menace à l'ordre public ou à la sécurité nationale. « Donc pourquoi faudrait-il un troisième cas ? », le chef belge estimant que « le lien qui sera fait avec l'immigration tuera Schengen ». Pour Guy Verhofstadt, « le PE est uni » sur cette question et « on ne votera pas de nouvelles modalités, ni maintenant, ni jamais ».

Du côté de Joseph Daul, chef de file au PE du groupe PPE, une telle réforme peut éventuellement se justifier, a-t-il fait entendre, notamment pour renforcer « la confiance mutuelle entre les États membres », devenue cruciale du fait de l'abolition des contrôles aux frontières nationales justement. En revanche, le chef français n'a jamais caché jusqu'ici qu'il prônait la méthode communautaire (plutôt que celle du Conseil) si des changements devaient être introduits, son groupe ayant toujours mis en garde contre tout « retour en arrière » concernant l'acquis Schengen.

Des craintes que MM. Barroso et Van Rompuy ont tenté à nouveau d'apaiser. « J'ai entendu toutes les sensibilités vendredi au Sommet et je n'ai pas eu l'impression d'avoir 27 assassins de Schengen », a dit Herman Van Rompuy. « Ce qu'on a eu, c'est un paquet équilibré », a-t-il ajouté, avec comme objectif de « sauvegarder Schengen », comme de le préparer « aux nouveaux défis », et qui ne sera pas seulement piloté par les États membres « mais aussi par la Commission européenne », a poursuivi le président du Conseil européen, appelant par ailleurs le PE à « prendre ses responsabilités » dans le cadre d'une codécision.

Quant à José Manuel Barroso, comme il l'avait déjà indiqué le 24 juin, les conclusions du Sommet sur Schengen et l'immigration sont au contraire « très positives », puisqu'elles remettent la problématique « dans le système communautaire », cela quand jusqu'ici un État membre peut décider unilatéralement de rétablir des contrôles à ses frontières. Le président a notamment salué l'évaluation commune qui encadrera la réintroduction de contrôles aux frontières. « On essaie de créer un mécanisme européen » et « la Commission fera partie de l'exercice », a promis M. Barroso. (S.P.)

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