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Bulletin Quotidien Europe N° 10407
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/artistes

Intégrer leurs potentialités dans toutes les politiques

Bruxelles, 28/06/2011 (Agence Europe) - La conférence sur les artistes et l'inclusion sociale, qui s'est tenue mardi 28 juin à Bruxelles à l'initiative du groupe des Verts/ALE, a mis en exergue le terme de « liberté » ainsi que les très bonnes raisons qui existent pour intégrer les potentialités des artistes dans les différents domaines politiques: développement des villes, budget, réflexion sur l'écologie culturelle, la politique étrangère, la politique sociale et éducative. La nécessité d'ouvrir les institutions européennes et les rendre plus culturelles a également été mise en évidence. À l'issue des travaux, l'Allemande Helga Trüpel s'est posé la question de savoir si la commissaire à la Culture Androulla Vassiliou « va réussir à obtenir plus de budget pour la culture ». La députée a noté que beaucoup d'États membres, parmi lesquels la Slovénie, ne se privaient pas de faire des coupes sombres dans leur budget lorsqu'il s'agit de la politique culturelle et appelé à continuer à faire attention, en cette période de crise, aux coupes budgétaires dans ce domaine. Un appel lancé à la veille de la présentation par la Commission de ses perspectives financières 2014-2020.

De nombreux artistes ont témoigné de leur art. Les « artistes et la cohésion » étaient au coeur des interventions de Jordi Herreruela, coordinateur du projet « Cases de la musica popular de Catalunya », Ahmed El Attar, directeur du théâtre indépendant et manager général des studios de la Fondation Emad Eddin Foundation, au Caire (Égypte), Nevenka Koprivšek, artiste et « art manager » du Bunker et du Madli Levi Festival à Ljubljana. L'« Art en folie » a eu pour représentante Hellena Hartung, chargée de communication des artistes de Blaumeier (Brême, Allemagne). Les « artistes et les quartiers, les banlieues » ont été présentés par l'artiste lyonnaise Christiane Vericel (« Image Aiguë ») et l'artiste belge Patries Wichers (International Yehudi Menuhin Foundation).

Le député vert français François Alfonsi a fait remarquer que la culture n'est pas réservée à une élite mais « doit aussi couvrir les amateurs d'art, à ce qui est petit, aux espaces publics, à la gratuité, à tous lieux où la culture s'épanouit ». La culture doit irriguer le changement et il faut développer une grande interaction entre inclusion sociale et culture pour les enfants, les personnes handicapées, a ajouté François Alfonsi pour qui les échanges doivent aussi se manifester entre les milieux urbains et ruraux. Développement local et éducation sont deux grands programmes dans le budget européen, a-t-il noté. Et pour pouvoir échanger plus facilement les expériences culturelles entre Brême et Rome par exemple, pourquoi ne pas réfléchir à un Erasmus culturel ?

Ilona Kish, secrétaire générale de « Culture Action Europe », a souligné l'importance du suivi pour rendre compte de la diversité de la culture. L'artiste belge anversois Jan Fabre avait déclaré qu'il « n'était pas un travailleur social mais qu'il était là pour faire de l'art ! ». « Il y a de la place pour tout le monde », a ajouté Ilona Kish. À propos de la contribution de l'art au développement de la politique régionale, le document rédigé pour la Présidence belge de l'UE au second semestre 2010, fourmille de recommandations, « qui ne sont toujours pas mises en œuvre mais qui sont très claires et tentent de faire le lien entre politiques éducatives et culturelles », a rappelé Ilona Kish. Pour les projets présentés, la secrétaire générale a fait part de trois mots qui l'interpellent: « expérimentation », « imaginaire » et « reconnaissance ». « Là où il n'y a pas de liberté d'expression, d'indépendance, ce dont on souffre, c'est le manque de reconnaissance concrète. Pourquoi la culture n'est-elle pas reconnue dans le programme des Fonds structurels ? », s'est exclamée Ilona Kish, ajoutant qu' « il n'y a pas un homme politique qui nie la valeur de l'art ! ».

La vice-présidente de la Fondation internationale de Yehudi Menuhin, Marianne Poncelet, a rappelé le parcours du grand artiste. Avec la création de sa Fondation, un réseau a été développé avec des artistes « qui ont été des ambassadeurs de la culture au niveau de l'Europe ». Depuis 2008, des laboratoires d'artistes « Sharing for voices - Voicing for tomorrow » ont été mis sur pied dont le travail des 20 artistes en résidence se caractérise par l'intelligence collective et l'interdisciplinarité. Et de conclure: « L'Art, c'est la vie ! ».

Jean Hurstel, président de Banlieues Europe, s'est attaché à la question du « biotope culturel »: le quartier, la banlieue, le territoire et la région qui partagent un certain nombre de valeurs de représentation, d'images de soi. Pour Jean Hurstel, « c'est le projet artistique qui parle à l'imaginaire et à l'humain. La culture, c'est quelque chose qui est en chacun de nous » et l'Europe est à présent « notre dimension naturelle ».

Côté Commission européenne (DG Culture), la haute fonctionnaire a rappelé que le groupe d'experts examinait la possibilité de rendre l'accès aux fonds structurels plus aisé, plus rapide et plus important, tout comme la participation au niveau culturel, comme le demandent les artistes tels que Ahmed El Attar. La Commission fait tout ce qu'elle peut pour que les fonds structurels puissent soutenir le partenariat créatif, comme par exemple MUS-E arts at school (International Yehudi Menuhin Foundation). Elle s'est félicitée aussi de ce que des conférences comme celle de ce mardi puissent alimenter les travaux en matière de dialogue interculturel.

Et la députée verte allemande Helga Trüpel de conclure: « Il faut parler d'émancipation des personnes, valoriser la diversité et reconnaître les similitudes, faire des choses horizontales et investir dans des risques, avoir un dialogue permanent en travaillant avec des jeunes, des étudiants, des personnes handicapées, continuer dans ce sens pour arriver in fine à un changement de qualité laquelle fera la différence. Il faut un accès plus aisé et plus rapide aux fonds structurels pour la culture, la pleine reconnaissance de celle-ci dans les programmes desdits fonds, l'écologie culturelle, la diversité du monde de la culture ». (G.B.)

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