Bruxelles, 17/06/2011 (Agence Europe) - S'ils n'occupent pas la première place dans le changement en Tunisie, d'abord sociopolitique, le commerce et l'investissement ont un rôle à jouer dans la transition du pays vers la démocratie, selon le commissaire De Gucht, qui promet un accompagnement de l'UE.
« Comptez sur nous déjà maintenant et veillons à préserver l'acquis économique de votre pays qui était si prometteur », a lancé Karel De Gucht aux acteurs de l'économie tunisienne, dans un discours donné à l'occasion du Forum tunisien sur l'investissement, vendredi 17 juin à Tunis. L'UE, qui est son premier partenaire commercial à l'importation et à l'exportation, « restera fidèle à ses engagements avec la Tunisie », a promis le commissaire au Commerce, assurant que « les relations économiques et commerciales bilatérales constitueront un élément clé de la transition en cours, pourvu qu'elles s'accompagnent d'une bonne gestion économique interne, de réformes et que l'état de droit soit assuré pour les opérateurs économiques ». En vertu des lignes directrices du Conseil européen du 11 mars sur les relations futures avec les pays de la rive méditerranéenne sud, l'accès au marché sera élargi et assorti à une approche différenciée selon les progrès de la transformation dans les pays partenaires, a rappelé De Gucht. Dès que la situation le permettra, l'UE proposera à la Tunisie de relancer rapidement les négociations - quasi-bouclées avant les événements de janvier - sur la libéralisation du commerce des produits agricoles, de lancer des négociations pour un accord sur l'évaluation de conformité et l'acceptation des produits industriels - qui permettra au pays de bénéficier d'un accès accru pour ses produits au marché de l'UE, et d'accélérer les pourparlers sur la libéralisation des échanges de services et sur le droit d'établissement. Au plan régional, le commissaire a rappelé la décision prise en avril au Conseil de signer la convention euroméditerranéenne sur le cumul des règles d'origine préférentielles - acte qui intéresse beaucoup la Tunisie pour son industrie textile, et évoqué des possibilités de financement de la BEI via l'augmentation d'un milliard d'euros de la caisse de la FEMIP, ainsi qu'une intervention de la BERD dans la région.
À plus long terme, dans le cadre d'une politique de voisinage révisée, l'UE proposera à la Tunisie d'aller vers une zone de libre-échange complète « pouvant aboutir à une participation économique progressive au marché intérieur de l'UE ». « Il s'agira, selon l'engagement de notre partenaire et les progrès des réformes sur place, de transformer progressivement l'accord d'association existant en développant son potentiel au-delà du simple libre-échange des biens industriels », a expliqué M. De Gucht, précisant que cet accord inclurait l'élimination des obstacles non tarifaires au commerce, ainsi que l'harmonisation progressive des législations en matière phytosanitaire, de propriété intellectuelle, de concurrence et de marchés publics. (E.H.)