Bruxelles, 17/06/2011 (Agence Europe) - Trois Européens sur quatre acceptent que la divulgation de données à caractère personnel soit désormais « monnaie courante » mais 75% d'entre eux veulent également pouvoir effacer, quand ils le veulent, leurs données à caractère personnel qui sont mises en ligne, soit le « droit à l'oubli ». Ces enseignements ont été livrés jeudi 16 juin par la Commission européenne qui a présenté un Eurobaromètre sur les attitudes des citoyens à l'égard de la protection des données et de l'identité électronique.
Selon cette étude, qui conforte la commissaire Viviane Reding dans la préparation de la refonte de la directive européenne sur la protection des données et qui entend faire du droit à l'oubli un pilier de ses travaux, 62% des citoyens de l'UE divulguent ainsi le minimum d'informations requises de manière à protéger leur identité.
L'enquête révèle par ailleurs que 60 % des Européens qui surfent sur Internet (40 % de l'ensemble des citoyens de l'Union) achètent ou vendent des biens en ligne et utilisent les sites de socialisation. « Sur ces sites, ils divulguent des données à caractère personnel, dont des informations de nature biographique (près de 90 % d'entre eux), sociale (près de 50 %) et sensible (près de 10 %) », explique la Commission. Et 70% des personnes interrogées ont déclaré être préoccupées par l'utilisation que les entreprises font de ces données et « estiment n'avoir qu'un contrôle partiel, voire aucun, sur celles-ci ». L'étude montre que 74 % des sondés ont indiqué vouloir donner spécifiquement leur autorisation avant la collecte et le traitement de leurs données sur l'Internet.
Les préoccupations les plus fréquentes concernent par ailleurs des cas de fraude lors d'achats en ligne (pour 55 % des personnes), l'utilisation de leurs données à leur insu sur les sites de socialisation (44 %), et la transmission de leurs données par des entreprises sans leur accord (43 %).
La Commission rappelle que les « règles européennes de protection des données reposent sur un principe fondamental: les utilisateurs doivent consentir à l'utilisation de leurs données. Celles-ci ne peuvent être transférées sans leur autorisation et les entreprises ne peuvent les utiliser à d'autres fins que celles qui ont été convenues ». Et c'est sur cette base que travaillera Mme Reding. (S.P.)