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Bulletin Quotidien Europe N° 10394
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/nuclÉaire

Consensus international pour plus de sûreté

Bruxelles, 08/06/2011 (Agence Europe) - Trente-trois nations - les pays du G8 et les pays membres de l'agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) - se sont accordés, mardi 7 juin, sur la nécessité de repenser la sûreté nucléaire civile au lendemain de l'accident en cours survenu le 11 mars à la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, en mettant en avant la nécessité d'une coopération internationale accrue et de normes mondiales renforcées. Si l'idée d'un exercice systématique de tests de résistance des installations en activité et futures fait l'unanimité, le principe d'un examen obligatoire par les pairs n'est pas retenu.

En matière de prévention des risques nucléaires, un large consensus s'est dessiné mardi à Paris entre les représentants de 33 nations, conviés par la Présidence française du G8 et du G20 à un séminaire sur la sûreté nucléaire donnant suite aux discussions du G8 de Deauville (EUROPE n° 10388), sur la nécessité pour tous les pays disposant d'installations nucléaires de réaliser des audits de sûreté, des tests de résistance (stress tests) évaluant le niveau de sûreté des installations et leur capacité à résister à des événements majeurs, indique dans un communiqué la ministre française de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui dirigeait mardi les travaux au siège de l'OCDE. Dans leurs conclusions, les pays participants rappellent l'importance d'effectuer des évaluations périodiques de la sûreté de leurs installations, à chaque étape de leur exploitation, comme de renforcer le rôle de l'AIEA et de l'agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) en visant une plus grande harmonisation des pratiques en matière de sûreté. « La présidence française du séminaire demande à l'AIEA de revoir ses standards de sûreté à la lumière de l'accident de Fukushima et de veiller à leur bonne application. En particulier, comme demandé par le G8, l'AIEA est invitée à revoir ses standards sur la construction et l'exploitation des centrales nucléaires en zones sismiques, en tenant compte de l'impact global d'événements naturels », précise le communiqué de Mme Kosciusko-Morizet.

Le principe d'un rôle renforcé pour l'AIEA a donc fait l'unanimité mardi, mais pas celui de la doter de pouvoirs contraignants pour obliger les pays à respecter les normes internationales. Des pays participants, la Suisse en tête, ont toutefois insisté sur l'importance de mener une évaluation par les pairs (peer review) de la sûreté des installations des pays concernés. Ainsi, la conseillère fédérale suisse chargée de l'Environnement Doris Leuthard, dont le pays s'est engagé à sortir du nucléaire d'ici 2034, a souhaité mardi que les examens par les pairs, idéalement effectués par l'AIEA, soient rendus obligatoires et leurs résultats rendus publics.

En matière de gestion de crise nucléaire, les pays participants se sont accordés sur l'idée de donner davantage forme à une solidarité internationale face à des accidents similaires au cas nippon, en développant des équipes d'intervention rapide et en mutualisant leurs dispositifs de secours et d'assistance, ainsi que sur l'idée de formations à la gestion de crise au niveau international.

Les conclusions du séminaire devaient être présentées mercredi aux autorités de sûreté nucléaire des pays de l'OCDE réunies à Paris, la synthèse des travaux des deux journées devant être transmise à l'AIEA en vue de sa réunion du 20 au 24 juin à Vienne sur la sûreté nucléaire à l'échelle mondiale. (E.H.)

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