Bruxelles, 07/06/2011 (Agence Europe) - La suspension par la Russie des importations de légumes frais en provenance de tous les pays de l'UE en raison de l'épidémie mortelle causée par la bactérie E.coli (Eceh) risque de jeter une ombre sur le sommet UE/Russie qui se tiendra jeudi 9 et vendredi 10 juin à Nizhny Novgorod. L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizov, a réitéré mardi 7 juin devant des journalistes que Moscou ne lèverait l'interdiction d'importation qu'une fois que l'UE aura identifié la source de contamination et pris des mesures adéquates pour dissiper les craintes russes. Ce qui ne sera pas le cas avant le sommet, contrairement à ce qu'avaient espéré les Européens. « Nous avons besoin d'obtenir de la part de l'UE des informations complètes sur la source de contamination et son extension géographique ainsi que sur les mesures prises (par l'UE) pour exclure tout transfert de légumes contaminés vers la Russie. Malheureusement, en ce moment, nous ne disposons pas d'une image claire de la situation », a dit l'ambassadeur russe. M. Chizov a aussi vigoureusement critiqué la politique d'information de l'UE. « Quand l'affaire a commencé, la Russie n'a reçu aucune information », a-t-il dit. Dans le passé, dans des cas similaires, le mécanisme d'alerte rapide (pour les denrées alimentaires et aliments pour animaux, RASFF) a bien fonctionné, « mais pas cette fois-ci », critique M. Chizov. Il réfute les critiques de la Commission européenne qui juge que les mesures prises par la Russie sont exagérées. « Le problème n'est pas la suspension des importations russes mais la contamination qui a frappé plusieurs pays de l'UE ». En même temps, M. Chizov a souligné que Moscou n'avait « pas l'intention de maintenir la suspension en place pour toujours » et que la mesure pourrait être appliquée avec davantage de sélectivité. Si l'UE peut donner à la Russie des « garanties crédibles » que des catégories de légumes spécifiques ou des légumes provenant de certaines zones géographiques de l'UE ne comportent aucun risque, « alors je n'exclus pas que l'interdiction puisse être revue à la baisse ou être régionalisée », a dit l'ambassadeur russe.
Lancement d'un dialogue sur la politique de migration. L'affaire de la bactérie Eceh ne sera pas le seul sujet important à l'ordre du jour du sommet. Les dirigeants des deux côtés - le président Dmitri Medvedev et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov du côté russe, Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso, Catherine Ashton et Karel De Gucht, du côté européen - feront aussi le point sur l'état des relations bilatérales UE/Russie. Seront notamment évoquées les négociations en cours sur un nouvel accord de partenariat renforcé, la création progressive des quatre « espaces communs » ainsi que la mise en place du « Partenariat pour la modernisation » lancé l'année dernière (sur ce dernier point, un « rapport de progrès » des coordinateurs sera approuvé). Russes et Européens annonceront aussi le lancement d'un dialogue sur des questions liées à la migration. Dans ce domaine important, les deux parties ont tout intérêt à collaborer et à échanger leurs vues et expériences, estime M. Chizov. Une première réunion de dialogue est déjà programmée pour le 27 juin à Moscou. Quant aux négociations en cours sur la définition des common steps en vue d'une future libéralisation des visas, « elles sont en phase de finalisation » mais les common steps ne pourront pas encore être approuvés lors de ce sommet, a confirmé l'ambassadeur russe. Dans la rubrique « questions internationales », le sommet discutera notamment dans la situation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (y compris le processus de paix israélo-palestinien), du programme nucléaire iranien, des Balkans, de la Transnistrie et du Caucase du Sud. La crise économique et financière internationale et les suites à donner au récent sommet du G8 à Deauville seront également discutées. (H.B.)